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FABRICATION DU CAOUTCHOUC VULCANISÉ.
cipaux, et contenant chacun un seul alambic. Là, se rendent l’essence de térében-thine brute et l’essence de houille, qui contient encore des huiles lourdes. Ces dissol-vants, convenablement purifiés, sont livrés à l’atelier de préparation des dissolu-tions.
3. L’atelier de préparation des dissolutions reçoit, des deux ateliers précédents, lecaoutchouc nettoyé sous une forme divisée et les essences destinées à l’attaquer.
Ces deux substances sont alors mélangées en proportions convenables dans degrandes caisses fermées où on les triture fréquemment, pour rendre le mélange plusintime; puis, la pâte grossière qui en résulte, mise sur les broyeurs, formés docylindres très-rapprochés, tournant en sens contraire et munis de racloires qui fonttomber la pâte après qu’elle a passé dans ces laminoirs où elle se raffine. Cetteopération est répétée plusieurs fois, de manière à obtenir une pâte d’une grandehomogénéité et d’une consistance convenable. Pendant ce laminage, on adjoint à lapâte les matières colorantes et le noir de fumée, destinés à lui faire prendre la nuanceconvenable. Ces sortes de dissolutions sont alors livrées à l’atelier suivant.
4. La fabrication des tissus imperméables et des feuilles lisses se fait en appliquantla pâte précédemment obtenue, soit sur des tissus divers, coton, laine ou soie, pour enfabriquerensuite des vêtements ou d’autresarticles semblables, soit sur toile ayant reçudéjà un apprêt particulier qui empêche l’adhérence du tissu et du caoutchouc, etpermet d’enlever, après l’évaporation du dissolvant, la feuille qui est formée sur cotissu.
Cette application de la pâte sur un tissu se fait, suivant la finesse et le poli de lasurface de la couche, soit avec des cylindres, entre lesquels passent simultanémentle tissu et la pâte, soit avec des règles en métal sous lesquelles glisse le tissu et quin’y laissent qu’une couche très-mince et très-unie de la pâte qu’on a mise par-devant.
On applique successivement, par un de ces deux moyens, des couches de pâte,jusqu’à ce que l’épaisseur du caoutchouc soit jugée suffisante, en ayant soin de pro-voquer, après chaque couche donnée, l’évaporation complète du dissolvant que ren-fermait la pâte que l’on vient d’étaler.
Los tissus imperméables reçoivent enfin une couche d’un vernis destiné à ôter àl’étoffe d’adhérence qui est naturelle au caoutchouc, tandis que les feuilles lisses sontenlevées de l’étoffe apprêtée sur laquelle elles ont été formées, puis mises en rouleauxpour les usages subséquents. Les tissus imperméables sont alors livrés à l’atelier deconfection de vêtements, tandis que les feuilles lisses passent à l’atelier de confectiondes objets divers.
Les tissus doubles, formés de deux étoffes insérant entre elles une couche de caout-chouc, sont faits en appliquant d’abord le caoutchouc sur une des étoffes, commenous venons de le voir ; puis, posant sur le caoutchouc la seconde étoffe, le tout étantensuite laminé, de manière à obtenir une adhérence complète. Dans cet atelier, sefabriquent aussi diverses étoffes ayant des applications spéciales, telles que toiles àbâches, cuir factice pour cardes, drap artificiel, toile pour bateaux-pontons, tissuservant à la confection des sacs de voyage, cartouchières, guêtres, etc., etc.
MM. Guibal et O obtiennent les mêmes résultats depuis peu de temps seulement,au moyen d’une machine présentant une grande économie ; les produits sont un peumoins parfaits d’aspect, mais d’un poli suffisant pour la plupart des usages. Au lieude former une pâte composée de caoutchouc et d’essence, on prend le caoutchoucnettoyé et on le met de suite dans cette machine, formée de plusieurs cylindres d’un