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Tome dixième.
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TISSAGE DÉTOFFES DE PiyBIÎ.

En effet, ce que lon avait produit auparavant pour lapplication au tis-sage mécanique du battant à plusieurs navettes nécessitait, le plus sou-vent, la construction dun métier à tisser spécial, coûteux, dun réglagedifficile et dune surveillance minutieuse, ne permettant pas de lappli-quer à un travail régulier et suivi.

Le mécanisme de M. Bornèque, au contraire, peut sadapter à tous lesmétiers mécaniques, quel que soit leur genre de construction. Il peutdonc convenir et aux tisseurs déjà pourvus de métiers mécaniques, et àceux qui veulent substituer le tissage mécanique à leur tissage à bras.

Au moyen de deux vis de rappel, le contre-maître règle tout son méca-nisme; ainsi avec lune il règle la marche de son levier, afin que le cou-teau dans son ascension touche à la hauteur de la boîte denveloppe J ;avec la seconde placée à la chaîne de communication, il donne à celle-cila tension nécessaire pour placer les casiers de la boîte à navettes auniveau de la châsse ou du battant. Ces deux points réglés, le métier peutêtre mis en marche, et louvrier le conduira comme un métier ordinaire,sans quil puisse lui donner dautres préoccupations. .

Le mouvement du crochet étant imprimé par la cheville du tambour àdouves mobiles, on voit que le mouvement dune navette nest nullementsubordonné au mouvement dune autre, et lon peut à volonté, selonquon place les chevilles, sauter de la l rc navette à la 4 e , ou faire mouvoirtel autre intermédiaire, faire marcher lune et lautre navette le nombrede coups de battant quon voudra, les uns plus, les autres moins.

Ce mécanisme étant, comme on le voit, complètement indépendant dela construction du métier en lui-même, peut, aussi bien que pour lecoton, sappliquer aux métiers à tisser la laine, la soie, au métier à tisserluni, comme au métier muni dun jacquart ; on a soin seulement de dis-poser les chevilles sur le tambour à douves mobiles, de manière que lescouleurs partagées dans les diverses cases de la boîte à navettes se pré-sentent selon que le dessin quon veut produire les réclame.

Des métiers à deux navettes fonctionnent dans les ateliers de M. Bor-nèque, à la vitesse de 115 coups de navette à la minute, et à 100 seule-ment dans les tissages de MM. Gros, Odier, Roman et C e , à Wesserling.

Celui à 4 navettes marche à la vitesse de 96 à 100 coups à la minute ;la même vitesse pourrait être conservée pour une boîte à 5 navettes;mais il faudrait la ralentir pour un nombre plus grand.

On comprend facilement que pour augmenter le nombre des navettes,il suffit daugmenter le nombre des compartiments c, celui des crans ducrochet G et celui des différences de longueurs des chevilles.

Nous navons pas cru devoir ici décrire les parties ordinaires du métier,telles que le régulateur, dont la commande est figurée au dessin, leur dis-position étant généralement connue.