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TISSAGE D’ÉTOFFES DE PiyBIÎ.
En effet, ce que l’on avait produit auparavant pour l’application au tis-sage mécanique du battant à plusieurs navettes nécessitait, le plus sou-vent, la construction d’un métier à tisser spécial, coûteux, d’un réglagedifficile et d’une surveillance minutieuse, ne permettant pas de l’appli-quer à un travail régulier et suivi.
Le mécanisme de M. Bornèque, au contraire, peut s’adapter à tous lesmétiers mécaniques, quel que soit leur genre de construction. Il peutdonc convenir et aux tisseurs déjà pourvus de métiers mécaniques, et àceux qui veulent substituer le tissage mécanique à leur tissage à bras.
Au moyen de deux vis de rappel, le contre-maître règle tout son méca-nisme; ainsi avec l’une il règle la marche de son levier, afin que le cou-teau dans son ascension touche à la hauteur de la boîte d’enveloppe J ;avec la seconde placée à la chaîne de communication, il donne à celle-cila tension nécessaire pour placer les casiers de la boîte à navettes auniveau de la châsse ou du battant. Ces deux points réglés, le métier peutêtre mis en marche, et l’ouvrier le conduira comme un métier ordinaire,sans qu’il puisse lui donner d’autres préoccupations. .
Le mouvement du crochet étant imprimé par la cheville du tambour àdouves mobiles, on voit que le mouvement d’une navette n’est nullementsubordonné au mouvement d’une autre, et l’on peut à volonté, selonqu’on place les chevilles, sauter de la l rc navette à la 4 e , ou faire mouvoirtel autre intermédiaire, faire marcher l’une et l’autre navette le nombrede coups de battant qu’on voudra, les uns plus, les autres moins.
Ce mécanisme étant, comme on le voit, complètement indépendant dela construction du métier en lui-même, peut, aussi bien que pour lecoton, s’appliquer aux métiers à tisser la laine, la soie, au métier à tisserl’uni, comme au métier muni d’un jacquart ; on a soin seulement de dis-poser les chevilles sur le tambour à douves mobiles, de manière que lescouleurs partagées dans les diverses cases de la boîte à navettes se pré-sentent selon que le dessin qu’on veut produire les réclame.
Des métiers à deux navettes fonctionnent dans les ateliers de M. Bor-nèque, à la vitesse de 115 coups de navette à la minute, et à 100 seule-ment dans les tissages de MM. Gros, Odier, Roman et C e , à Wesserling.
Celui à 4 navettes marche à la vitesse de 96 à 100 coups à la minute ;la même vitesse pourrait être conservée pour une boîte à 5 navettes;mais il faudrait la ralentir pour un nombre plus grand.
On comprend facilement que pour augmenter le nombre des navettes,il suffit d’augmenter le nombre des compartiments c, celui des crans ducrochet G et celui des différences de longueurs des chevilles.
Nous n’avons pas cru devoir ici décrire les parties ordinaires du métier,telles que le régulateur, dont la commande est figurée au dessin, leur dis-position étant généralement connue.