459
MACHINES A FABRIQUER LES TUYAUX POUR DRAINAGE .
Cette machine se compose de deux cylindres de fonte animés d’unmouvement de rotation en sens contraire, et montés sur un bâti supportépar quatre roues. Une roue dentée, montée sur Taxe du cylindre infé-rieur, engrène avec un pignon solidaire avec le volant qui porte la mani-velle, et, à l’autre extrémité, les cylindres portent chacun une roue den-tée de môme diamètre qui, par leur contact, produisent le mouvementen sens contraire. La pâte est placée sur une toile sans fin, mobile sur desrouleaux et disposée derrière la machine, puis poussée sous les cylindrescompresseurs par un ouvrier qui doit exécuter ce travail sans interrup-tion, afin de n’apporter aucun arrêt dans la sortie continue des tuyaux.En avant des cylindres, on a disposé une sorte de caisse prismatique dontces derniers forment un côté, et qui n’a d’autre issue que les orifices parlesquels doit sortir la pâte. A la sortie des filières, les tuyaux s’engagentsur une nouvelle toile sans fin mobile également sur des rouleaux, et sontcoupés à la longueur voulue au moyen de fils de laiton portés sur unchâssis auquel on imprime un mouvement convenable.
Le service de cette machine exige quatre hommes et plusieurs enfants;un ouvrier engage la pâte sous les cylindres, un autre reçoit les tuyaux,les coupe de longueur et les dispose à côté de lui; enfin, les deux autrestournent à tour de rôle la manivelle et donnent le mouvement à l’appa-reil. Les enfants sont employés à apporter la pâte préparée et à emporterau séchoir les tuyaux fabriqués.
Nous empruntons à M. Hervé Mangon , dont le nom est bien connu detous ceux qui s’occupent de sciences agricoles, les résultats de quelquesexpériences faites au Conservatoire des arts et métiers de Paris , sur laforce nécessaire à la mise en jeu de la machine que nous venons dedécrire ;
« La filière employée donnait des tuyaux de 0,030 de diamètre inté-rieur et de 0,045 de diamètre extérieur, et un seul homme tournant lamanivelle, fournissait 225 mètres de tuyaux à l’heure. Les tuyaux de0,360 de longueur pesaient chacun, en sortant de la filière, 0 l 632; aprèsquarante-huit heures d’exposition à l’air, ils ne pesaient plus que 0 k 534,ce qui indique que l’argile était assez fortement humide. On a reconnu,à l’aide du dynamomètre de M. Morin, appliqué à l’appareil, que dans cescirconstances, le travail dépensé était de 186 kilogrammètres par mètrecourant de tuyau, ou de 106 kilogrammètres par kilogramme de tuyaumou sortant de la machine. Ces chiffres établissent que l’ouvrier appliquéà la manivelle produisait un travail de beaucoup supérieur à la forcemoyenne de l'homme et qu’il n’aurait pu, par conséquent, continuerlongtemps avec ce degré d’activité. »
La machine d’Ainslie peut produire par jour 1800 à 2200 mètres detuyaux de 0,030.
Un ingénieur de mérite, M. Benoît aîné, dont nous avons publiél’intéressante machine à fouler les draps dans le m e vol. de ce Recueil,