PUBLICATION INDUSTRIELLE.
411
spöcialite. Quoiqueces fabriques aientpour moteur des machinesä vapeur,dont la depense en combustible est necessairement beaucoup plus eleveeque celle d’un cours d’eau, nous pouvons dire qu’elles donnent des bönö-fices. Mais nous devons ajouter aussi qu’elles sont bien dirigees, et qu’ellesreunissent toutesles conditions exigees pour une teile fabrication.
Laconfection d’un simple clou d’epingle exige plusieurs operations suc-cessives et continues que l’on peut resumer de la maniere suivante :
1° Faire avancer le fil de fer d’une quantite proportionnelle ä la lon-gueur du clou ;
2° Former la töte de ce clou;
3° Le pincer vers le collet pour le maintenir solidement pendant l’ope-ration;
4° Le couper de longueur et former la pointe;
5° Faire tomber le clou aussitöt termine.
On pourra se faire une idee de la rapidite avec laquelle ces opörationsdoiventötre etfectuees, en sachant que ces machines doivent donner 120 ä14.0 clous par minute.
Les diverses machines ä clous actuellement en usage n’opörent pastoutesde la möme maniöre. Ainsi dans les unes la töte est obtenue par une fortepression, dans d’autres, par un coup de marteau ou par percussion; il y ena aussi, et c’est le plus grand nombre, oü la pointe est conique et faite äl’aide de fraises fixes ou ä mouvement de rotation : telles sont les machinesbien connues de M. E. Philippe; telles sont aussi eelles de M. Stolz etd’un grand nombre de constructeurs; et d’autres, au contraire, oü la pointeest pyramidale, et obtenue par des couteaux tranchants : telles sont lesmachines de M. Lacroix-Saint-Clair, habile manufacturier ä Orleans , quis’est fait breveter, il y a bien des annöes, pour cette application, 11 paraitque cette forme est aujourd’hui la plus recherchee dans le commerce.
La plupart de ces appareils, quelle que soitleur disposition, sont ou doi-vent ötre etablis pour pouvoir fabriquer des clous de differentes longueurset grosseurs. Plusieurs d’entre eux peuvent faire, non-seulement, despointes de Paris , mais encore des bequets ou clous de cordonnier. Tellessont les machines de M. Fiantz, que nous allons decrire.
Il existe toutefois des machines toutes speciales pour la fabrication desbequets. MM. Lolot et C ie , de Charleville , ont monte, sous la directionde l’inventeur, M. Witaker, un etablissement fort important avec de tellesmachines, dans lesquelles, au lieu d’employer du fil de fer, on fait usagede bandes de töle ou de fer plat, que l’on presente obliquement ä l’entreed’une espöce de cisaille qui coupe ces bandes en coins, pour les soumettreensuite successivement ä l’action d’un marteau chasse avec force, et quien forme la töte. 11 existe de ces machines de differentes dimensions pourfabriquer des clous plus ou moins longs et gros. Il y a bien une quinzaine