Par JM. E. KRAFFT, Ingénieur civil,
SDH LE SYSTÈME DD PONT DD CARROUSEL ,
ET EXÉCUTÉ DANS LES ATELIERS DE MM. DE DIÉTRICU FRÈRES, CONSTRUCTEURSA REICHSUOFFEN.
Depuis la belle et ingénieuse construction du pont à trois arches, établisur la Seine à Paris (en face de la rue des Saints-Pères), par l’habile ingé-nieur français , M. Polonceau , on commence à comprendre le rôle importantque peuvent remplir la fonte et le fer dans des travaux d’art de cette espèce.
Cependant, comme on peut le voir par la note ci-dessous, que nousextrayons de l’ouvrage même de l’auteur (1), M. Polonceau, malgré lesavantages incontestables de ce pont, eut les plus grandes difficultés à lefaire adopter. Il a fallu toute la persévérance d’un homme de cœur, degénie comme lui, pour surmonter tous les obstacles et parvenir à le mettreà exécution. Maintenant, on le reconnaît enfin, non-seulement ce pont estde première nécessité, mais encore il sert de modèle pour la plupart deceux que l'on a à construire, comme le pont de la Brusche, que nous avonsdéjà donné dans le deuxième volume, en est un premier exemple, sur desdimensions moins grandes, à la vérité, que celles du pont Polonceau , etcomme aussi le pont de Sundhofen, que nous allons décrire, en est unsecond exemple plus ressemblant encore ; persuadé que ce système serasuivi avec avantage par nos ingénieurs et par nos constructeurs, noustenons à le faire connaître avec quelques détails, en accompagnant notre
(1) M. Polonceau s’exprime ainsi dans l’avant-propos de l’ouvrage qu’il a publié en 1839, sur sonPont du Carrousel : Avant de terminer cet avant-propos, je ne crois pas inutile de donner un aver-tissement aux jeunes ingénieurs auxquels mon mémoire est principalement destiné. Je me fais undevoir de prévenir ceux d’entre eux qui veulent se vouer à la carrière honorable, mais très-pénible,des améliorations et des progrès de l’art, qu’ils doivent s’attendre à de longues fatigues et à des diffi-cultés de tout genre, pour parvenir à réaliser leurs projets. Qu'ils soient bien persuadés que ce n'estqu’à force de patience et de persévérance qu'ils pourront faire adopter leurs idées, alors même quel’utilité en serait inconteslable. Le travail intellectuel pour la composition des projets, et les peinesque l’on éprouve dans leur exécution, sont des jouissances, si on les compare aux contradictions etaux tourments qu’il faut attendre des influences étrangères, et surtout des inimitiés jalouses et de larivalité des intérêts opposés.