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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
et forts libages de champ, vis-à-vis les retombées de chaque arc, pourétendre la pression sur de plus grandes surfaces; enfin, j’ai relié les pierresde taille des assises qui reçoivent les retombées des arcs, entre elles et aveccelles qui les avoisinent, au moyen de bonnes briques posées à plat et en-castrées de moitié de leur épaisseur dans chaque face des pierres super-posées.
« J’ai aussi cherché à donner une forte liaison aux matériaux dont lespiles sont composées ; pour cela j’ai fait relier les parois opposées de leurscrèches par des tirants en fer noyés dans les massifs de béton. Leurs ma-çonneries ont été également reliées par des tirants en fer placés vis-à-visles appuis des premiers liens des tympans, dont les boulons sont agrafésaux têtes de ces tirants. J’ai coupé les assises des maçonneries par despierres de champ et par des noyaux en béton ; j’ai aussi relié les coussinetsdes retombées de naissance par des briques encastrées dans les joints desassises, comme pour les culées.
« Ces dispositions ont complètement atteint le but proposé, car depuisque ce pont est terminé, il ne s’est manifesté aucune disjonction dans lesassises des culées, ni même dans celles des piles; cependant il est certainqu’elles participent à toutes les vibrations des arches. Cette preuve résultede l’observation des effets produits par le passage d’une seule voiture surle pont, car alors les vibrations déterminées dans une arche par ce passagele transmettent d’une arche à l’autre jusqu’aux culées, qui, seules, lesamortissent et les arrêtent. »
Des arches du pont et des plaques de retombée. — Les trois archesdu pont se composent chacune de trois arcs en fonte A, du système deM. Polonceau , et supportent, moyennant des anneaux en fonte B, untablier en bois de chêne recouvert d'une chaussée en empierrement.
Les arcs en fonte (1) sont creux et ne renferment ni âmes en bois nibéton comme la grande majorité des ponts existants (2). Chaque arc se com-pose de deux rangées de voussoirs réunies suivant un plan vertical, par desboulons passant dans deux collets saillants qui dépassent à cette fin le corpsprincipal des voussoirs, tant en dessus qu’en dessous. En section, chaquearc présente la forme d’une ellipse évidée, portant à sa partie inférieuredes collets jointifs a, et supérieurement des collets écartés entre eux pourrecevoir en différents points des arcs, la nervure extérieure e'des anneaux.La courbure des arcs est circulaire : l’arc de cercle, qui formerait l’axe des
(!) Les pièces de fonte entrant dans la composition du pont sortent de la fonderie de Niederbronn ,appartenant à MM. de Diétrich, et dirigée par M. Engeihardt. Ce savant métallurgiste a mis un sointout spécial pour s’assurer de la parfaite qualité des fontes employées, et pour obtenir un moulageparfait. Sous ces deux rapports, le pont de Sundhofen fait honneur à la fonderie de Niederbronn ,dont les beaux produits ont valu à MM. de Diétrich une médaille d’or à l’exposition de 1844.
(2) Quoique la section des arcs soit très-faible, l’auteur du pont a cru devoir rejeter l’emploi deces remplissages. Les unes en bois, très-coûteuses, constituent une mesure de précaution que la qua-lité supérieure des fontes employées rendait inutile. L’emploi du béton ne paraît être d’aucuneutilité bien constatée dans le cas dont il s’agit.