PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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puisse reconnaître le mérite de chacuue d’elles, eu égard d’ailleurs à l’épo-que à laquelle elles ont été mises à exécution.
Autant que la mémoire peut nous servir, l’appareil à rivets proprementdit de M. Durenne consiste, d’une part, en un découpoir qui a pour objetde couper à froid, à la longueur voulue, la tige de fer d’une grosseur dé-terminée que l’on soumet à son action, et de l’autre, en un refouloir, à quichaque petit goujon , ainsi formé, est présenté, à l’aide de pinces, aprèsavoir été chauffé préalablement jusqu’au rouge dans un petit four spécial.Le découpoir qui, d’ailleurs, peut être d’une disposition quelconque, a del’analogie, quant à la partie principale qui opère la section, avec la tête dela machine de M. Cavé, mais son mouvement est tout-à-fait différent; car,au lieu de marcher directement par l’action de la vapeur, le balancier estmis en action par des engrenages et des poulies. De même, le refouloirprésente aussi de l’analogie avec les machines à percer la tôle, seulement lepoinçon est remplacé par une espèce de piston qui vient presser fortementsur le rivet ajusté dans la matrice, pour en former la tête.
Le mode de fabrication suivi chez M. Durenne comprend donc, commeon le voit, trois opérations distinctes, savoir : le découpage, le chauffage,et la formation de la tête ; la première et la dernière sont faites mécani-quement. Il existe aussi chez M. Louvrier fils une machine fort simple,marchant, il est vrai, à bras seulement, et qui forme la tête du rivet ou duboulon à faire, avec une grande exactitude. Cette machine, que nous avonsdéjà citée, consiste en un énorme levier à bascule que l’on abat lorsqu’onveut le faire agir sur le poinçon ou le marteau qui doit opérer sa pressioncontre la matrice, dans laquelle la tige de fer est préalablement enfoncée.Dans un certain nombre d’ateliers, on découpe les tiges, soit à un décou-poir, soit à une cisaille, puis elles sont remises à des ouvriers qui chauffentet forment la tète à l’aide du matteau et d’une matrice ajustée sur leurenclume; il y en a qui acquièrent à ce travail une grande habileté, etpeuvent ainsi en débiter beaucoup dans leur journée; une seule chaudeleur suffit toujours pour chaque rivet.
La machine de M. Haley découpe et forme la tête du rivet en mêmetemps ; il suffît de faire chauffer une longue tringle de fer, qui a le dia-mètre déterminé, dans un fourneau particulier, puis de la porter à l’ap-pareil qui opère la section, d’abord, et la pression ensuite; ces deux opé-rations s’effectuent avec une précision extrême, et avec une rapidité tellequ’elle permet de fabriquer, lorsqu’elle est bien conduite, 900 kilog. derivets et plus pour chaudières à vapeur par journée de douze heures detravail, et jusqu’à 1000 kilog. de rivets pour bateaux en tôle: c’est environ9 à 10 fois plus que ne peut en faire un ouvrier habile; il lest vrai qu’elleexige un homme intelligent pour la conduire, et deux jeunes gens pourl’alimenter.
Cette machine n’est pas seulement applicable à la fabrication des rivets,mais encore à celle des boulons, des vis, à tête ronde, carrée, sphérique, et