PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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La cannette à défiler est faite sur un tuyau de bois qui est assujéti d’unemanière invariable dans la navette, au bout d’une tige en fer à ressort quile retient sans le laisser tourner. La matière y est enveloppée en commen-çant par la tête et en formant des anneaux coniques superposés qui se dé-filent simultanément, en faisant tirer le fil dans le sens de l’axe du tube.De cette sorte, il n’éprouve aucune résistance, et lorsqu’une telle cannetteest bien faite, on peut tisser les matières les plus tendres, c’est ce qui pa-raît la faire généralement adopter pour les châles, parce que les laines quel’on emploie dans cette fabrication sont souvent tellement faibles et peurésistantes qu’on peut à peine les toucher sans les rompre.
Il y a déjà longtemps que des cannetières à défiler sont en usage dans lestissages mécaniques de coton, de soie et même de laine. Ainsi, nous devonsciter à ce sujet, une machine qui présente le plus d’analogie avec cellesque nous allons examiner, et pour laquelle M. Princep a pris un brevetd’invention de 10 ans, le 24 septembre 1819, sous le titre de machines àcannettes à l’usage des tissus en soie et en coton. Ce système qui est décritavec détail dans le tome 19 des brevets expirés, fait voir que l’auteur, déjà àcette époque, opérait sur un grand nombre de cannettes à la fois. Un mé-canicien de Lyon , M. David, prit aussi un brevet de 10 ans, le 25 mai 1829,pour une machine à dévider, transcaner, et faire les cannettes en mêmetemps; elle est décrite dans le tome 39 du même ouvrage. MM. Côte etTeissot obtinrent également un brevet d’invention de 10 ans, le 29 avril1842, pour une machine propre à la fabrication des cannettes à défiler et àdérouler pour les étoffes de soie et autres.
Sans entrer dans d’autres détails sur ces premières machines, nouscroyons cependant devoir remarquer que, comme on vient de le voir, ons’est occupé, depuis longtemps déjà, de faire les cannettes à défiler et lescannettes à dérouler par des moyens mécaniques, et que ces moyens ontrempli la condition de permettre d’en confectionner un certain nombre àla fois.
Les machines que nous allons plus particulièrement examiner, commeétant celles qui paraissent le plus en vigueur, sont celles de MM. Duchampet Piavoux (1), et surtout celles de M. Tranchât, qui se distinguent de toutesles autres par la meilleure disposition et par une exécution plus parfaite etbeaucoup plus soignée. Aussi c’est cette machine que nous croyons devoirdécrire de préférence avec plus de détails. Chacun de ces constructeursont pris successivement des brevets d’invention, le premier en août 1844,le second et le troisième en novembre de la même année. Le problèmequ’ils ont cherché â résoudre dans ces machines est le mode de graduation,
0) Nous regrettons bien de le dire, les dessins qui accompagnent les mémoires descriptifs desbrevets de ces deux mécaniciens, sont obscurs et incomplets ; on peut être véritablement étonnéqu’à notre époque, il y ait encore des inventeurs qui n’attachent pas plus d’importance à bien repré-senter ou à bien décrire ces machines ou les objets pour lesquels ils désirent se faire breveter. Onne peut trop le recommander, il est extrêmement essentiel, dans l’intérêt des brevetés, que leurstracés soient complets et bien intelligibles, et leurs descriptions claires et précises.