PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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des combles, ne peuvent avoir qu’une petite hauteur. A la vérité, l’emploi d’unecheminée d’appel unique obligerait à faire descendre l’air; mais la perte seraitbien plus que compensée par la hauteur qu’on pourrait donner à la cheminée, et parl’excès de température que l’air y prendrait.
« Nous ajouterons que les avantages que pourraient présenter les poêles à eauchaude ne sont pas réalisés dans le projet de M. Duvoir ; car l’eau chaude, en sor-tant des chaudières, passe d’abord dans les poêles des cheminées, et ensuite dansles poêles placés au-dessous du sol des couloirs; par conséquent, la températuredans tous les poêles variera dans le même sens, et par suite la ventilation sera très-grande quand il sera très-froid, et sera faible dans le cas contraire. Cette observa-tion a été communiquée à M. Duvoir, qui nous a répondu qu’il y avait dans lescaves une chaudière supplémentaire destinée à la ventilation d’été, et qui servaitl’hiver à augmenter la température des poêles des cheminées, quand cela est néces-saire; mais nous n’avons trouvé aucune indication de cette chaudière, ni dans lesplans, ni dans le devis. Il y a bien une septième chaudière, mais elle est destinéeau chauffage de l’administration.
« Appel par les foyers des chaudières. — Quant à la ventilation des cellules durez de-chaussée par les cendriers des fourneaux, ce mode de tirage ne présentequ’une très-faible économie, qui correspond seulement à 20 mètres cubes d’airpar kilogramme de houille brûlée; tout l’air appelé en outre exige autantde chaleurpour être chauffé que s’il était appelé par un foyer spécial. Mais cette disposition ale grand inconvénient de produire par un même foyer le chauffage et la ventilation,et par conséquent de faire marcher ces deux effets dans le même sens. Nous avonscommuniqué cette observation à M. Duvoir, qui est convenu que, par ce moded’appel, la ventilation augmente ou diminue avec le chauffage.
« Frais de chauffage et de ventilation. — Nous trouvons dans le mémoire etdans les lettres de M. Duvoir, qu’il s’engage à maintenir toutes les pièces du bâtimentdelaForce aune température de 15° et àproduire une ventilation de 129,000 mètrescubes d’air par heure pendant le jour, et de moitié seulement pendant la nuit, pourune somme de 78 fr. par jour, et pour un chauffage continu de sept mois.
« Nous avons dû chercher à nous rendre compte des dépenses qu’occasionne-raient le chauffage et la ventilation dans le système proposé, d’autant plus queM. Duvoir fait consister principalement les avantages de son système dans l’éco-nomie des moyens de ventilation.
» Une feuille de dessin sur laquelle se trouve la description des chaudières àeau chaude et des poêles, contient des calculs très-nets et fondés sur des basesexactes qui établissent la dépense de combustible. M. Duvoir trouve que, pour com-penser la perte moyenne de chaleur par les vitres et par les murailles, il faut parheure 58 kilogrammes de houille; que la quantité de combustible nécessaire pourélever 129,000 mètres cubes d’air à la température moyenne de 15° est de 45 kilo-grammes , en tout 102 kilogrammes 33 grammes. Le calcul s’arrête là, et il n’estpas question de la consommation par jour ; mais en supposant que le chauffage soitde 12 heures, et que la perte de chaleur pendant la nuit soit quatrefois plus petiteque le jour, la dépense par jour s’élèverait à 75 fr., somme bien peu différente decelle qui est demandée, et seulement pour le chauffage, sans compter la dépensequ’exige la sortie forcée de l’air. Cependant on lit dans le mémoire de M. Duvoir leslignes suivantes :