PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Les deux tableaux qui suivent contiennent les résultats de ces expériencessi importantes, et qui fixent les bases de ventilation et d’assainissement detoutes les prisons cellulaires, et dont le résumé a été donné par la sous-commission elle-même, comme suit :
Résultats des expériences. — Expulsion de l’odeur. — « Les expériences répétéesont démontré qu’avec les dispositions adoptées , 6 mètres cubes par heure étaientinsuffisants pour maintenir l’atmosphère de la cellule exempte d’odeur désagréable.
« A cette dose de ventilation, l’acétate de plomb en dissolution, placé près du siège,manifeste bientôt la présence de l’acide sulfhydrique ou du sulfhydrate d’ammo-niaque.
« Avec un renouvellement d’air de 10 mètres cubes par heure, la vitesse du cou-rant a été suffisante pour s’opposer à la diffusion des odeurs dans l’enceinte, d’aprèsle jugement porté par des personnes douées d’organes délicats. L’air qui s’écoulaitdans les tuyaux d’appel était infect. Lorsque, sans interrompre la ventilation, onouvrait le couvercle du coffre , une odeur prononcée ne tardait pas à se répandredans la cellule, et il fallait environ 20 minutes de ventilation au même degré, aprèsavoir refermé le couvercle, pour que l’odorat ne fût plus affecté d’une manière sen-sible. Nous avons reconnu qu’il était indispensable que le vase destiné à recevoirles déjections solides contînt deux à trois litres d’eau ; les matières excrémentitielles,en tombant dans le vase sec, répandent des exhalaisons si fortes , qu’une ventila-tion même plus active est insuffisante pour empêcher la transmission de l’odeur.
Etat chimique et physique de l’air. — «Avant la réclusion de l’observateur, lacellule avait été maintenue assez longtemps en communication avec l’air extérieurpour pouvoir considérer la pureté de l’air au commencement de l’expérience commeégale à celle de l’air normal.
« La réclusion a duré dix heures. Il faut noter comme source de production d’acidecarbonique, la combusion d’une bougie pendant les deux heures et demie qui ontprécédé la prise d’air avant l’ouverture de la porte.
«La ventilation, inférieure à 10 mètres cubes pendant les deux premières heuresdu séjour, a été portée à 10 mètres cubes par heure pendant le reste de la journée.L’appareil de chauffage a pu amener la température de la cellule de 3°,o à 11°,5, etmaintenir cette température pendant la plus grande partie de la journée ; l’obser-vateur n’a éprouvé ni gêne ni malaise ; la sensation d’un léger dégoût, éprouvéependant les deux premières heures du séjour, sous l’influence d’une ventilationinsuffisante, s’est complètement effacée.
« Le dosage de l’acide carbonique dans l’air recueilli, exécuté par la méthode dé-crite par l’un de nous, a décelé, dans cet air, la présence de 33 dix-millièmes d’acidecarbonique en poids ; cette proportion est plus que quadruple de celle qui existedans l’air normal, d’après M. Boussingault (1).
(4) Voici les données de cette analyse d’air confiné :
Tubes pour l’acide carbonique...
avant l’expérience,après l’expérience.
447,902
447,822
Acide carbonique. 0,080
Capacité des ballons aspirateurs, 40 litres 381 ; vide préalable des ballons, 0«i003; baromètre à0° = 755mm,0; mercure soulevé dans le tube, 384mm,5; correclion pour la capillarité, 2mm,4. Toutcalcul fait, le poids de l’air, qui a fourni 0 gr ,08 d’acide carbonique, est 24g» - ,468.
D’où acide carbonique = 0,0336, ou sensiblement 33 dix-millièmes en poids.
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V.