PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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On comprend sans peine, que par cette disposition l’étoffe est entière-ment libre au-dessous ; c’est pourquoi la tonte est dite faite dans le vide. Ilen résulte que l’on peut tondre ainsi toute espèce de nouveautés, avec laplus grande perfection, sans jamais craindre d’accidents, et de plus la tontepeut être plus ou moins haute ou plus ou moins rase à volonté, suivantqu’on le juge convenable.
La lame femelle A est pincée et fortement tenue par des vis dans desmâchoires D, qui sont disposées pour lui donner la pente ou l’inclinaisonvoulue pour le bon travail qu’elle doit produire. La mâchoire la plus forte,celle inférieure, est soutenue, à ses extrémités, par des chaises ou dessupports de fonte E, qui permettent de la régler exactement à la placequ’elle doit occuper ; elle est aussi disposée de manière à laisser au-dessousentre elle et l’étoffe un espace vide, pour que celle-ci ne la touche que parles bords, comme l’indique bien le dessin fig. l re . Cette disposition esttrès-utile, en ce qu’elle permet, en rapprochant les supports E, de se servirde la lame, au fur et à mesure qu’elle s’use, toujours avec le même avan-tage, et en lui donnant constamment la même inclinaison, ce qui est d’unegrande importance pour la bonne réussite de l’opération.
Pour compléter ce système tangentiel à tondre dans le vide, M. Pauil-hac vient d’y apporter tout nouvellement une addition importante quiconstitue un véritable perfectionnement, comme on peut le voir par lafig. 1 bis. Ce perfectionnement consiste dans l’addition d’un petit rouleaumobile R, qui tourne librement sur lui-même, et soutient l’étoffe au-dessous de la lame femelle A, de manière à la maintenir trangentielle aucylindre porte-lames B, sur une plus grande étendue, et plus rigoureuse-ment que précédemment. Ce rouleau existe sur toute la largeur de lamachine et se place directement au-dessous de la partie des mâchoires D,qui pincent la lame femelle. Il est en fer ou en cuivre tourné avec soin, etn’a pas plus de 3 centimètres de diamètre ; il est supporté par ses extré-mités au moyen de fourchettes, qui lui servent de coussinets, et dans les-quelles il tourne constamment pendant que la machine fonctionne.
Le drap ou l’étoffe passe sur la circonférence de ce rouleau, qui le dirigesuivant l’inclinaison voulue pour le bon travail de l’appareil, en l’écartantsuffisamment du cylindre B, pour que le poil ne se trouve jamais rebroussépar celui-ci.
Cette disposition est un véritable progrès apporté à la partie travaillantede la machine, elle est réellement d’une grande importance, car ellepermet de faire sensiblement plus de travail qu’auparavant; on gagne eneffet par cette addition le 1/4 et peut-être même le 1/3 de vitesse, ce qui estimmense pour les fabriques.
Pour que le rouleau additionnel puisse être exactement réglé à la posi-tion qu’on juge convenable de lui donner, il est utile que les coussinetsqui le portent à ses extrémités, soient mobiles, c’est-à-dire qu’on puisseles monter ou les descendre à volonté, ce qui est extrêmement facile à éta-