PUBLICATION INDUSTRIELLE. 441
de 0 m ,08 de diamètre extérieur et de 3 millimètres d’épaisseur, qui est parfaite-ment soudé.
La notice de M. Manès et les faits observés en Angleterre par MM. les ingé-nieurs de la marine royale, Sochet et Gervaise , ne laisseront, je pense, subsisteraucun doute sur la convenance qu’il y aurait à faire usage de tubes en fer étirés,de préférence aux tubes en cuivre rouge, pour la construction des chaudières debateaux , toutes les fois que les tubes calorifères devront avoir 6 centimètres , ouplus, de diamètre intérieur. Quant à la question de savoir si l’administrationpourra obliger les armateurs des bateaux les Garonnes et les Éclairs à remplacer,contre leur volonté, les tubes en cuivre de leurs chaudières par des tubes en ferétirés, il est incontestable que l’administration aurait le droit d’agir ainsi, auxtermes des règlements, s’il paraissait résulter des faits observés que l’usage destubes en cuivre présente des dangers graves pour la sûreté des passagers, et mêmedes hommes de l’équipage. Ce droit résulte avec évidence du 3° de l’art. 5 de l’or-donnance royale du 23 mai 1843, ainsi conçu :
« La commission examinera, etc.
« 3° Si la chaudière, en raison de sa forme, du mode de jonction de ses diverses« parties , ou la nature des matériaux avec lesquels elle est construite , ne pré-« sente aucune cause particulière de danger (1). »
Les art. 8 et 12 de la même ordonnance sont corrélatifs à l’art. 5. Or, les expé-riences faites à Bordeaux par la commission de surveillance , et à Paris parM. Mary, nous montrent des tubes en cuivre aplatis ou commençant à se déformer, sous une pression extérieure inférieure à 1/10 de la pression, qui aurait dé-chiré ces tubes remplis d’eau et pressés du dedans en dehors , la ténacité absoluedu métal étant supposée de 20 kilog. par millimètre carré de la section. D’ailleurs,il est certain que les tubes en cuivre, lors d'un abaissement accidentel du niveaude l’eau, sont altérés plus facilement, par l’action des gaz résultant de la combus-tion, que les tubes en fer, et que leur plus grande dilatabilité par la chaleur donnelieu à d’autres causes de rupture. Bien que les accidents qui ont eu lieu à l’hospicecivil de Bordeaux et à bord du Corsaire-Noir n’aient pas eu de suites fâcheuses,il y a là une cause grave de danger, dans des chaudières timbrées à 6 atmosphèreset dont les tubes ont jusqu’à 15 et 17 centimètres de diamètre. L’administrationdoit donc prescrire, dans le but de prévenir des accidents de ce genre , toutes lesmesures dont l’utilité est indiquée par l’expérience, l’analogie et les notions acquisessur la résistance des matériaux. En premier lieu , la garantie de solidité que four-nit l’épreuve légale sous une pression triple de la pression effective correspon-dante au numéro du timbre devra être exigée à l’avenir pour toutes les chaudièresde bateaux. Les armateurs des Éclairs et des Garonnes ne font point d’objectionsur ce point; mais d’un autre côté, la pression d’épreuve peut elle-même énerverle métal ou déformer les parois, si celles-ci n’ont pas une épaisseur suffisante, oune sont pas consolidées par des armatures convenables. Si donc, les propriétairesdes bateaux les Éclairs et les Garonnes veulent absolument conserver l’usage destubes en cuivre rouge, il y aura lieu de déterminer l’épaisseur qu’il faudra donnerà ces tubes, eu égard à leur diamètre et au numéro du timbre de la chaudière,pour qu’ils offrent autant de garanties de solidité que les chaudières ordinaires deforme cylindrique en tôle, auxquelles s’appliquent la table et la formule des épais,seurs annexées à l’ordonnance royale du 23 mai 1843.
(I) Voir le ra« vol. de ce Recueil.