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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
ou cylindre, plus fort, en stucou en fonte creux, traversé par un axe en fer, etgarni également de rubans de cardes ( fig. 3 ) ; ce cylindre, qui n’a pas moinsde deux cent soixante millimètres de diamètre, prend la laine au fur et àmesure qu’elle sort des cylindres alimentaires, afin de la redonner aussitôtaugros tambour D, qui tourne naturellement en sens contraire, comme le mon-trent les flèches indiquées sur la fig. 3.
Celui-ci est formé de trois croisillons ou cercles en fonte à six bras, sur lacirconférence desquels on boulonne une série de douves étroites en bois secet dur, que l’on doit tourner avec soin à l’intérieur comme à l’extérieur,afin de le rendre exactement cylindrique et sans baslourd. Il est montésur un arbre de couche en fer forgé E, qui est mobile dans des coussinetsrapportés au milieu de chacun des deux bâtis de fonte F sur lesquels reposetoute la machine ; garni de rubans de carde sur toute sa surface extérieure,ce tambour s’empare successivement de toute la laine qui passe au bri-seur C, et la laisse prendre et reprendre plusieurs fois de suite par les cinqpetits hérissons G, appelés débourreurs , qui la livrent à leurs cylindres cor-respondants H, lesquels la redonnent ensuite au tambour. Cette opérationqui, comme on le sait, a pour objet de redresser tous les filaments de lalaine et d’achever d’enlever la poussière et autres corps étrangers qu’ellepourrait contenir, se fait ainsi depuis la première paire de hérissons jusqu’àla dernière , sans aucune discontinuité dans le mouvement, sans interrup-tion de travail, et avec une rapidité qui pourra paraître surprenante, si onremarque que la vitesse du tambour, qui est prise pour base de celle detous les autres organes, n’est pas moins de cent vingt révolutions parminute.
Les dents des rubans qui garnissent toute la surface des débourreurs,sont inclinées dans la direction contraire à celle des dents du grand tam-bour, afin qu’elles puissent s’emparer de la laine dont celui-ci est couvert ;de même les dents des grands hérissons H, sont placées par rapport à cellesdu tambour, suivant la même inclinaison, et tournent en sens contraire,afin qu’ils ne lui cèdent la laine qu’ils prennent aux débourreurs, qu’en lacardant, qu’en redressant par conséquent ses filaments. Il importe alors,pour que ce travail se fasse convenablement, que les vitesses entre cesdivers organes, soient variables; elles sont même très-différentes entreelles, comme nous le verrons plus loin. La laine est donc ainsi, par cespassages successifs des hérissons au tambour et du tambour aux hérissons,suffisamment cardée et divisée ; elle arrive dans cet état jusque près duvolant I, qui n’est autre qu’un cylindre de bois bien tourné, et muni à sacirconférence de rubans de cardes à dents, ou à broches droites presquenormales à sa surface, au lieu d’être à dents courbes ou coudées , commecelles des autres cylindres. Ce volant a pour objet de lisser, d’unir tousles filaments de la nappe de laine qui est formée sur toute la surface dugros tambour avec lequel il reste en contact ; il tourne à une vitesse angu-laire qui est considérablement plus grande que celle de ce dernier, pour