PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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tenir, en moins de deux secondes, une puissance variable entre 40 chevauxet 100 chevaux.
Or, c’est cette extrême variabilité de puissance, combinée avec la varia-bilité peu sensible de vitesse, qui fait le mérite du choix que M. Krafft asu faire du système de détente employé. Aussi la machine de Monterhausendéveloppe-t-elle, dans un instant, l’énorme puissance nécessaire pourlaminer des feuilles de tôle de plus d’un mètre de largeur sur plusieursmètres de longueur, tandis que dans l’instant après elle marche à vide,sans accélération bien sensible de vitesse. La détente variable, par le régu-lateur, a encore un autre avantage, c’est celui de s’opposer à des change-ments trop sensibles de vitesse lorsque, par suite du passage de tout uneune fournée de blocs , la pression dans les chaudières descend notablement.
La soupape de détente (fig. 12), appliquée par l’auteur, est semblable àcelle décrite plus haut; c’est aussi une soupape de Cornouailles ( Comishvalve), dont l’invention est due à Hornblower(l). Elle a, comme nousl’avons dit, deux avantages très-signalés : 1° celui de n’offrir qu’une très-faible résistance au soulèvement, attendu que la pression de la vapeur nes’effectue que sur une surface annulaire ; 2° celui d’offrir avec une coursetrès-petite une aire de passage assez notable à la vapeur, attendu que cepassage s’effectue à la fois par la partie supérieure et par la partie inférieurede la cloche mobile 1), qui repose sur le double siège fixe m percé à jours.
La tige qui porte cette cloche passe dans une boîte à étoupe ; elle estmunie à sa partie supérieure d’un petit piston, ajusté dans un petit corpscylindrique n qui renferme un ressort à boudin (ce dernier a pour objetde tendre constamment à appliquer la soupape sur son siège), et reçoit sonmouvement par l’équerre x, et la tringle ij communiquant avec l’arbre àcame.
L’axe du régulateur à boules est mis en mouvement par une transmis-sion à engrenages de manière à faire exactement deux fois autant de révo-lutions que l’arbre du volant, c’est-à-dire 48 par minute pour la marchenormale. Le mouvement de l’arbre moteur est transmis à la première rouedentée r; il est obtenu par une manivelle en fer forgé s , placée en face dela manivelle principale N, au bouton de laquelle elle est assemblée par unechape; l’axe de cette roue, prolongé en avant et porté par un palier à co-lonnes t , communique par le pignon de la roue r , à l’axe latéral u, lequelest à son tour mis également en communication par une seconde paire deroues d’angle avec un arbre vertical v , parallèle à celui du modérateur, etauquel il transmet son mouvement par des roues droites x.
Les mouvements de la soupape de détente et du tiroir de distributionsont arrangés de manière à pouvoir être instantanément rendus indépen-
(1) Voy. Traité des machines à vapeur, par Th. Tredgold, traduit de l’anglais par Mellet. Paris ,1838, page 364. En publiant les machines du Cornouailles , nous reviendrons avec détail sur la cons-truction de cette soupape, et nous parlerons de la valve pump de MM. Harvey et West appliquéedans ces appareils.