PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Dans la fabrication mécanique des tonneaux, on fait également l’appli-cation d’outils tranchants pour parer les douves, par exemple ; ces outilssont animés d’un mouvement rotatif extrêmement rapide, pendant que lesdouves ont un mouvement de translation très-lent, mais proportionnel aupremier (1). M. E. Philippe a exécuté de belles machines pour cet objet.
M. Peyod, mécanicien qui s’est beaucoup occupé de la construction desscieries et des machines à travailler le bois, a depuis peu fait aussi uneheureuse application de ce principe, en établissant une machine propre àla confection des coins en bois employés dans les chemins de fer pourassujétir les rails dans des chaises ou supports en fonte. Il a disposé plu-sieurs lames sur un arbre horizontal qu’il fait tourner avec une très-granderapidité. Ces lames ayant la forme convenable, suivant celle des coins, sonten outre cintrées dans le sens du mouvement pour couper et enlever descopeaux de bois avec autant de facilité que le fait un rabot de menuisier.A l’aide d’une telle machine, on peut raboter sur les deux faces plus dedeux mille coins par journée de dix heures.
M. L.-Victor Roguin prit en 1817 un brevet d’invention de quinze anspour une machine propre à raboter les bois de toute nature et de toutesdimensions, et à pratiquer des rainures, des languettes et des moulures.Dans cette machine, l’outil composé d’une fraise taillée sur sa circonfé-rence, avait un mouvement de rotation et la pièce à raboter s’avançait souslui. L’année suivante, M. Antoine Roguin, cessionnaire du brevet de sonfrère, prit un brevet d’addition et de perfectionnement pour cette machinedans laquelle il donna alors à l’outil le double mouvement de rotation et detranslation; cet outil n’était plus une fraise, mais des fers de rabot montésconvenablement autour d’un mandrin.
En 1835, M. Fanzvoll prit un brevet d’invention de dix ans pour unemachine à raboter, établie sur un principe tout à fait différent de celui deM. Roguin, et remplissant exactement le même but, mais peut-être avecplus d’exactitude. M. Fanzvoll a cherché à imiter le travail même du rabotde menuisier : ainsi la machine consiste en un rabot qui se promène surtoute la longueur de la planche ou de la pièce de bois qu’il doit raboter.
Ces machines à raboter sont extrêmement avantageuses pour la fabrica-tion de toutes ces belles moulures que les menuisiers emploient aujour-d’hui avec tant de bonheur dans les décorations intérieures des apparte-ments. Elles ne sont pas moins avantageuses dans la fabrication des cadreset ornements de toutes espèces.
(1) Dans la fabrication des tonneaux , l’opération du parage des douves consiste à rabo-ter leur face intérieure, à chaque extrémité seulement, pour les rendre d’égale épaisseur.Cette opération se fait aujourd’hui simultanément avec celles du rognage et du jâble, àl’aide de scies circulaires montées sur les mêmes axes que les outils à raboter.