MACHINE A PEIGNER LE LIN
ET LE CHANVRE,
CONSTRUITE EN ANGLETERRE SUR LE PRINCIPE DE CELLE
De M. Pli. DE GIRARD,
Ingénieur en chef des Mines du royaume de Pologne (1).
La filature du lin et du chanvre, par procédés mécaniques, est encore,ne craignons pas de l’avouer, toute nouvelle en France , quoique depuis fortlongtemps plusieurs de nos mécaniciens distingués se soient occupés, avecune rare persévérance , de la construction de diverses machines spéciale-ment appliquées à cette fabrication (2). Ce n’est réellement que depuis peud’années qu’on a sérieusement pensé à former des établissements sur unegrande échelle, pour exploiter cette belle industrie et la rendre véritable-ment nationale. Rivalisant bientôt avec les filatures de laine et de coton,elle est sur le point de prendre une extension prodigieuse, à voir les mai-sons qui s’occupent aujourd’hui de la construction des machines à lin.
Ainsi la maison Decoster, à Paris , qui compte à peine six annéesd’existence, et qui a déjà construit de ces machines pour plusieurs mil-lions ; celle de Pihet, dont le vaste établissement est si riche en outils detoute espèce, et d’où il sort, chaque année, des centaines de machines ; lagrande maison de MM. Schlumberger, à Guebwiller, en Alsace , qui estaussi fort bien montée pour l’exécution de toutes espèces de machines defilature; celle de M. A. Kœchlin, à Mulhouse , qui compte aujourd’huiparmi les grands établissements français ; celle de M. Feray, à Essonne ,celle de M. Scrive-Labbe, à Lille, premier importateur en France d’unassortiment complet de machines à lin perfectionnées (3) ; celle du Phénix,
(1) Voir aussi la nouvelle peigneuse circulaire (système Busk ), établie par MM. Lacroixet publiée dans la 4 e livraison du vi e volume.
(2) Nous donnons dans le ni 0 volume de ce Recueil l’histoire de la filature de lin , parM. de Girard, avec les dessins des machines et métiers qui sont actuellement en usage dansce genre de fabrication.
(3) M. Scrive-Labbe importa d’Angleterre, en 1834, un assortiment de mille broches,