PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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en travaillant avec tant de persévérance à sa machine à peigner, qu’ilconnaissait parfaitement la matière ; aussi s’en est-il occupé pendant fortlongtemps, en faisant des essais de tous genres, avant d’arriver au résultatqu’il obtient aujourd’hui. Il sera facile de reconnaître que cet habile ingé-nieur a dû chercher à imiter, jusqu’à un certain point du moins, le travailde l’homme, en agissant sur des mèches de lin , au moyen de peignes quis’y enfoncent et s’en retirent successivement, et qui, de cette sorte, endégagent les étoupes, et parviennent ainsi à donner des lins bien divisés.Nous allons tâcher de faire comprendre, par la description suivante, le jeuet le travail de cette machine qui est aussi simple dans sa constructionqu’ingénieuse dans ses principes. Mais, avant de commencer cette descrip-tion, disons un mot de l’opération du peignage du lin en général.
PEIGNAGE DU LIN.
L’opération du peignage a pour but de diviser le lin autant que possible,d’en séparer les filaments ou brins qui se trouvent comme collés, mômeaprès le rouissage et le teillage, et d’en extraire enfin toutes les étoupes.Pour obtenir un bon peignage, il n’est pas seulement important de fairecette division à un degré convenable et suffisant, il faut encore qu’elle soitrégulière, qu’elle soit égale dans toute la longueur des mèches, et qu’onobtienne ce résultat avec le moins de déchet possible.
Dans le peignage à la main, l’ouvrier emploie ordinairement 3, 4 et quel-quefois 5 peignes différents, armés d’aiguilles qui varient de grosseur etd’écartement. Pour les gros lins il se sert de peignes dont les aiguilles sontles plus fortes et les plus écartées ; pour les lins de bonne qualité qui ontété bien rouis, il emploie les peignes les plus fins sans souvent se servir duplus gros. Un peigneur intelligent et habile sait toujours bien traiter lesdiverses sortes de lin qu’il doit diviser, suivant leur nature, ou leur qualité.Il est aisé de comprendre qu’il commence toujours cette opération du pei-gnage par attaquer la mèche vers le bout, pour la démêler et la dégager deses étoupes; il avance ensuite graduellement vers le milieu, en ayant le soinde ne pas la promener sur les peignes, mais de la piquer pour ainsi dire,et de l’en retirer presque immédiatement pour la repiquer de nouveau ; decette manière il détache aisément les étoupes et sans aucun embarras. Onconçoit aussi qu’il ne doit pas tenir la mèche par l’une de ses extrémitéspendant qu’il peigne l’autre; mais au contraire, il la serre le plus près pos-sible de la portion qu’il travaille.
Dans le peignage mécanique, on doit aussi chercher à produire les mêmeseffets, et pour cela il importe que la mèche soit pincée dans presque lamoitié de sa longueur (ou au moins sur un peu plus du tiers), pour être bien