Band 
Tome premier.
Seite
57
JPEG-Download
 

PUBLICATION INDUSTRIELLE.

57

en travaillant avec tant de persévérance à sa machine à peigner, quilconnaissait parfaitement la matière ; aussi sen est-il occupé pendant fortlongtemps, en faisant des essais de tous genres, avant darriver au résultatquil obtient aujourdhui. Il sera facile de reconnaître que cet habile ingé-nieur a chercher à imiter, jusquà un certain point du moins, le travailde lhomme, en agissant sur des mèches de lin , au moyen de peignes quisy enfoncent et sen retirent successivement, et qui, de cette sorte, endégagent les étoupes, et parviennent ainsi à donner des lins bien divisés.Nous allons tâcher de faire comprendre, par la description suivante, le jeuet le travail de cette machine qui est aussi simple dans sa constructionquingénieuse dans ses principes. Mais, avant de commencer cette descrip-tion, disons un mot de lopération du peignage du lin en général.

PEIGNAGE DU LIN.

Lopération du peignage a pour but de diviser le lin autant que possible,den séparer les filaments ou brins qui se trouvent comme collés, mômeaprès le rouissage et le teillage, et den extraire enfin toutes les étoupes.Pour obtenir un bon peignage, il nest pas seulement important de fairecette division à un degré convenable et suffisant, il faut encore quelle soitrégulière, quelle soit égale dans toute la longueur des mèches, et quonobtienne ce résultat avec le moins de déchet possible.

Dans le peignage à la main, louvrier emploie ordinairement 3, 4 et quel-quefois 5 peignes différents, armés daiguilles qui varient de grosseur etdécartement. Pour les gros lins il se sert de peignes dont les aiguilles sontles plus fortes et les plus écartées ; pour les lins de bonne qualité qui ontété bien rouis, il emploie les peignes les plus fins sans souvent se servir duplus gros. Un peigneur intelligent et habile sait toujours bien traiter lesdiverses sortes de lin quil doit diviser, suivant leur nature, ou leur qualité.Il est aisé de comprendre quil commence toujours cette opération du pei-gnage par attaquer la mèche vers le bout, pour la démêler et la dégager deses étoupes; il avance ensuite graduellement vers le milieu, en ayant le soinde ne pas la promener sur les peignes, mais de la piquer pour ainsi dire,et de len retirer presque immédiatement pour la repiquer de nouveau ; decette manière il détache aisément les étoupes et sans aucun embarras. Onconçoit aussi quil ne doit pas tenir la mèche par lune de ses extrémitéspendant quil peigne lautre; mais au contraire, il la serre le plus près pos-sible de la portion quil travaille.

Dans le peignage mécanique, on doit aussi chercher à produire les mêmeseffets, et pour cela il importe que la mèche soit pincée dans presque lamoitié de sa longueur (ou au moins sur un peu plus du tiers), pour être bien