Band 
Tome premier.
Seite
101
JPEG-Download
 

PUBLICATION INDUSTRIELLE.

101

former l’établissement qu’il possède aujourd’hui, et qu’on regarde, sinoncomme le plus riche, comme le mieux outillé, du moins comme un deceux construits avec le plus d’économie. Les machines qu’il a montéessuccessivement sont, en effet, toutes exécutées sans luxe, sans prétentions,mais elles sont bien entendues dans leur combinaison, dans leur mouve-ment, pour le travail quelles doivent faire.

D’un esprit véritablement national, M. Cavé n’a jamais été chercher àl’étranger les machines de nos voisins ; confiant en ses propres idées, fortde son expérience, il a toujours su trouver des moyens prompts, facilesou économiques pour construire ses outils, ses appareils et instruments.Aussi, qu’on le remarque bien, ses machines ont toutes un cachet parti-culier, soit parce qu’elles sont de sa propre invention , soit parce qu’il y aapporté des améliorations ou des modifications nouvelles.

Il nous suffirait de citer, parmi les nombreuses constructions qu’il afaites, son système de roues à pales mobiles, pour bateaux ; ses machinesà percer, à découper et à cintrer la tôle forte, pour chaudières et bouil-leurs , celles à courber et à étirer les tubes de cuivre ; ses machines à perceret à raboter verticales ; ses machines à dresser; sa belle et grande machineà raboter horizontale, dont nous allons nous occuper aujourd’hui ; sa fortemachine à mortaiser et à aléser, que nous donnons dans le 2 e volume dece recueil. Chargé, par le gouvernement, de la construction de quatreappareils à vapeur de la force de 450 chevaux chacun , pour des bâtimentsde l’État, et de plusieurs appareils de 220 chevaux, il s’est mis en mesured’exécuter les pièces les plus fortes et les plus difficiles ; ainsi, à ses pre-miers martinets il en a joint un autre qui est mû par une machine à vapeurde 45 chevaux, et dont le marteau seul pèse au moins 1,500 kilog. Actuel-lement il construit des marteaux-pilons à vapeur de grande puissance( voir les tom. 4 et 6).

Ajoutons aussi que M. Cavé est bien secondé dans ses immenses travauxpar ses frères et beau-frère, qui, tous mécaniciens capables, entendentparfaitement la construction des machines. Nous avons profité de leur obli-geance en dessinant les principales machines établies dans leurs ateliers ,nous proposant de les faire connaître successivement à nos lecteurs, auxindustriels, aux chefs d’établissements, persuadé, comme nous le sommes,qu’elles seront vues avec intérêt, et qu’elles rendront service à un grandnombre, ne serait-ce que par les bonnes idées qu’elles renferment.

Aujourd’hui nous commençons par la machine à raboter, à outil mobile,que nous avons dessinée avec soin, et que nous allons tâcher d’expliquer,dans tous ses détails, en faisant connaître ses principaux avantages. Maisauparavant, disons un mot des diverses machines à raboter, en usage, soiten France , soit en Angleterre, ou dans les autres parties du continent.