MOULINS A BLE
PERFECTIONNÉS ,
MARCHANT PAR ENGRENAGES, ET ÉTABLIS A CORBEIL ,
PAR
MSI. CARTIER et ARHEK6AIIB aîné,
(PLANCHES 25 A 27.)
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Les moulins à blé, du système américain, plus généralement connussous le nom impropre de moulins anglais , ont subi d’utiles et importantesaméliorations depuis leur introduction en France , quoiqu’ils datent à peinede trente ans. Ce système, présentant un genre de travail tout à fait diffé-rent de celui employé jusqu’alors dans les moulins français , fut bien long-temps avant d’être compris; aussi se répandit-il difficilement, soit parceque les meuniers ne trouvaient pas de gardes-moulins capables pour suivreet diriger la mouture, pour rhabiller les meules, soit parce qu’ignoranteux-mêmes complètement cette manutention , ils craignaient de l’entre-prendre. Il faut dire aussi qu’avec l’ancien système, qui était resté dansl’enfance dans presque toutes les contrées, les propriétaires ou fermiers deces moulins, n’ayant aucune peine pour conduire la mouture , s’en occu-paient généralement fort peu, et pour la plupart trouvaient qu’ils gagnaientsuffisamment, ou pensaient qu’on ne pouvait faire plus de bénéfices. Ilen est de même de plusieurs branches d’industrie qui sont restées pendantfort longtemps dans une stagnation complète, avant d’éprouver des per-fectionnements qui en ont souvent changé entièrement le système defabrication.
Bans la meunerie ancienne, telle qu’on la pratiquait en France et à peuprès dans toutes les contrées de l’Europe , on s’occupait peu de grandesspéculations ; se trouvant presque toujours entre les mains d’hommes peuéclairés, elle devait nécessairement faire peu de progrès. Ce n’est doncque depuis l’importation du système qui, vingt ans plus tard, devait éclipserle système routinier, que date une ère nouvelle pour cette importanteindustrie. Elle devait attendre les progrès que ce genre de mouture amé-ricaine ferait en Angleterre avant de prendre germe chez nous; mais