PUBLICATION INDUSTRIELLE. 251
peut encore reconnaître que les opérations successives ne s’en effectuentpas avec moins de régularité et de précision.
DISPOSITION GÉNÉRALE DU MÉCANISME DU MOULIN.
Des deux beffrois. — Les moulins de la Réserve, appartenant aujour-d’hui à M. Darblay, ont été disposés sur deux systèmes de beffrois, com-prenant chacun six paires de meules, et qui peuvent marcher simultanémentou indépendamment l’un de l’autre, quoique recevant leur mouvementde la même roue dentée, montée sur l’arbre du moteur. Ces deux systèmessont tout à fait semblables, comme le montre la planche 25 e , sur laquellenous avons supposé le premier, celui de gauche, vu en élévation de face,et le second, celui de droite, en coupe verticale passant par l’axe. Ce quenous disons pour l’un s’appliquant naturellement à l’autre, nous n’auronspas besoin de faire de distinction dans la description qui va suivre.
Le beffroi d’un moulin à l’anglaise est, à proprement parler, le bâtis oula partie fixe sur laquelle est assise toute la partie mobile du mécanisme.Dans plusieurs établissements le beffroi est en charpente, quelquefois enpierres, d’autres fois partie en fonte partie en pierres, et dans un grandnombre il est presque complètement en fonte, comme ceux des deux sys-tèmes de l’usine dont nous nous occupons.
Les beffrois en charpente ne sont généralement appliqués qu’à desmoulins de deux à trois paires de meules. Sous le rapport de la construc-tion ils sont nécessairement plus économiques ; ils coûtent moins à établir,et par cela même sont préférés par les propriétaires ou meuniers quitiennent à verser le moins possible de capitaux dans l’établissement dumécanisme de leur usine. Mais il faut le reconnaître, ce système de beffroin’est jamais aussi solide, ne peut présenter, à beaucoup près, autant de sta-bilité que celui qui serait en fonte ou même en pierres : il a de plus l’incon-vénient d’être relié avec les murs ou les poutres du bâtiment, et par suitede dépendre de l’affaissement que peut prendre celui-ci ; ou enfin il estsusceptible d’éprouver des vibrations plus ou moins fortes pendant le travaildes meules, et il peut en résulter pour celles-ci des différences de niveauqui, d’abord imperceptibles, deviendraient quelquefois très-sensibles si onn’y apportait remède.
Parmi les moulins construits par MM. Cartier et Armengaud, avec desbeffrois en charpente, nous mentionnerons celui de trois paires de meulesde M. Anjibout, à Saint-Arnoult, près Chartres , et celui de deux paires demeules de M. Chantemille, près Sens (Yonne ).
Les beffrois en pierres ou en fonte ne présentent pas les mêmes incon-vénients que les précédents ; ils offrent, au contraire, toute la solidité dési-