PUBLICATION INDUSTRIELLE.
279
très-peu de distance de la matrice s, sur laquelle repose la feuille de tôle vdestinée à être percée; on le ferait presque toucher avant le percement,s’il n’était nécessaire de laisser un petit espace libre pour glisser la feuillelibrement, et surtout pour laisser apercevoir la division qui y a été primi-tivement tracée, afin de permettre de la placer exactement au point.
Travail de la machine. — Les tôles de chaudière que l’on soumetgénéralement à l’action de la machine, portent 10,12 ou 15 millimètres auplus d’épaisseur, et les diamètres des trous sont de 15 à 18 millimètres;cependant on a percé chez M. Cave avec cette machine des barres de fer de20 et de 25 millimètres d’épaisseur sur 18 et 20 millimètres de diamètre ;ainsi nous avons eu l’occasion de voir, non sans surprise, des bandes deroue de 25 millimètres d’épaisseur percées à froid, avec un poinçon de 23à 24 millimètres de diamètre. Ces résultats peuvent donner une idée de lapuissance de la machine et des effets dont elle est capable. M. Cavé nousdit à ce sujet qu’il croyait bien percer des fers qui seraient encore plusforts ; il en aurait fait l’essai s’il n’avait craint que quelque partie de la ma-chine ne se détraquât et ne lui occasionnât ainsi de grands dommages ; cesont, en effet, des essais qui, quoique fort utiles, peuvent revenir trop dis-pendieux à un constructeur, pour qu’il n’y apporte pas beaucoup de pru-dence, et qu’il n’en soit pas très-sobre.
Les poinçons ne sont qu’ajustés dans leur cylindre de fer q, de sortequ’on peut les changer facilement ; on doit évidemment en avoir de tousles calibres suivant les dimensions variables des trous à percer, ils peuventêtre ou non à embase.
En arrière de la matrice s, est figurée une pièce en fer u (fig. 1), quisert d’arrêt à la feuille de tôle, pour éviter de la pousser trop avant quandon change de divisions, ce qui a lieu à chaque trou ; les deux hommes quisoutiennent cette feuille, la font glisser successivement, en ajant soin debien la placer à son point de division, avant qu’un troisième ouvrier nefasse agir la machine ; mais dès que la feuille est à sa place, cet ouvrier tirela tringle e, pour faire prendre à la bascule la position horizontale qu’elleoccupe sur le dessin, et par suite ouvrir le tiroir, tel qu’on l’a indiqué(fig. 1). En ce moment, la vapeur pénètre dans le cylindre et passe sous lepiston; celui-ci s’élève et, comme nous l’avons dit plus haut, son actionnese fait pas immédiatement sentir sur le poinçon, parce qu’il existe du jeuentre le sommet du porte-outil M et la tête du balancier.
Avec des ouvriers actifs on peut ainsi percer un grand nombre de trousdans un temps donné; on comprend que ce nombre dépend plus de l’habi-leté des hommes qui manœuvrent les pièces que de la machine : moins ilsperdent de temps à mettre la tôle en place, et plus ils peuvent effectuerde percements. M. Lemaître vient d’ajouter à ce système uu chariot qui