PUBLICATION IN DUSTIÎIELLE. lit
souples, qu’ils pussent obéir à toutes les formes ou à toutes les courburesqu’il soit possible d’imaginer.
Avec le procédé proposé par M. Van-Merteen, et pour lequel il a pris unbrevet d’invention de dix ans, en France , en 1841, on arrive à rendre lesbois aussi flexibles que la gomme élastique, tout en permettant d’augmenter,lorsqu’ils sont secs, leur élasticité et en même temps leur force de résistance.
Son procédé consiste à tremper le bois que l’on veut amollir dans unbain de colle-forte chaude et bien épurée, et de l’y laisser séjourner ou dele laisser bouillir pendant un temps plus ou moins long, et qui est évidem-ment proportionnel à la force, à la dimension ou à la nature des pièces oumorceaux que l’on soumet à l’expérience. En sortant de ce bain, le boispeut subir toutes sortes d’épreuves, peut être contourné, plié ou courbéde toutes les manières, et prendre ainsi, à l’aide de presses, les formesplus ou moins bizarres, plus ou moins extraordinaires, qu’on voudra luidonner.
M. Van-Merteen observe que plusieurs morceaux de bois minces, unisensemble de manière à ne former qu’un seul corps, forment un tout plussolide, plus résistant et en même temps plus élastique, qu’un même mor-ceau d’une pièce d’une dimension égale. Il doit en être du bois ainsicombiné, comme d’une barre de fer comparée à la réunion de plusieursfils de même métal ; sous la même section, la tige formée par la réuniondes fils est d’une bien plus grande résistance que la barre.
De cette propriété si simple, si naturelle, l’auteur en a tiré cette consé-quence qu’on pouvait rendre le bois beaucoup plus fort, et par suite enemployer moins pour un effort donné.
Il fait donc découper des madriers en planches plus ou moins minces,en feuilles de placage même au besoin; il trempe ces planches ou cesfeuilles dans le bain de colle, et après qu’elles y ont séjourné pendantquelques heures, il les retire en les assemblant, ou simplement en les ser-rant les unes contre les autres, à l’aide de pinces ou de presses de menui-sier. Il leur donne aussi, en même temps, la forme convenable et appropriéed’ailleurs à l’objet qu’on veut en faire ; elles s’y prêtent avec la plus grandefacilité, quelles que soient les courbures, les sinuosités qu’on désire leurfaire prendre. Ainsi la forme est donnée en même temps que le collages’opère, avantage d’autant plus précieux que la mollesse qu’elles ontacquise, par le bain, en facilite extraordinairement le travail. Maintenuesentre les presses jusqu’à ce qu’elles soient sèches, ce qui demande plusieursheures, elles conservent, après que ces presses sont enlevées, la forme, lacourbure exacte qu’on a voulu leur donner; on dirait alors un seul mor-ceau de bois qui aurait été découpé ou sculpté, avec cette différence que,comme les fils du bois ont suivi tous les contours de la courbe, ils ont donné,