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Tome onzième
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

disposition présente lavantage de mieux diviser le peignage, en attaquantmoins à la fois les fibres de la matière filamenteuse, de faire par consé-quent un travail plus régulier, de produire plus de rendement en longsbrins et moins détoupes.

Cespeigneuses sont du système dit à table plate ou à chaîne sans fin, maisinclinées à 30 ou 32 degrés, au lieu dêtre horizontales comme on les établis-sait dans lorigine. Nous devons faire remarquer que cette inclinaison despeignes, attribuée en principe à M. Marsden, qui, comme on sait, sestbeaucoup occupé de cette branche dindustrie, et a su y apporter successi-vement des améliorations utiles (1), a été regardée comme un véritableprogrès dans lopération importante et délicate au peignage mécanique, ence quelle diminue sensiblement langle de courbure des fibres qui se pré-sentent à laction des peignes. Dans les peigneuses plates horizontales, cetangle de courbure étant à peu près droit, la matière filamenteuse se raidis-sait sur les peignes, la rupture des fibres qui en résultait occasionnait uneréduction dans le rendement de la filasse ou du long brin, produisait plusdétoupes et augmentait par suite le prix de revient de la matière peignée.Cet inconvénient est considérablement atténué par la table inclinée.

La peigneuse de M. Ward ne se distingue pas seulement sous le rapportde linclinaison des peignes sans fin, mais encore par lheureuse dispositiondes pinces qui leur apportent les poignées de matières à peigner. On a vuque, dans la plupart des peigneuses mécaniques, les pinces sont chasséeslune par lautre, la dernière introduite à lentrée de la machine, recevantelle seule le mouvement de translation quelle communique aux précé-dentes ; il en résulte que si louvrier est en retard pour placer sa pincechargée, toutes les autres restent sur leur série de peignes respectifs, quicontinuent à travailler inutilement la matière déjà suffisamment peignée,et la faute de louvrier échappe à lattention du surveillant; de sorte que lamachine, tout en ne produisant pas la quantité de travail voulue, donne unpeignage irrégulier, diminue son rendement en filasse et augmente sondéchet.

Il nen est pas de même avec le système de machine que nous allons dé-crire; elle repose sur un principe beaucoup plus rationnel : chaque pinceest indépendante de ses voisines; transportées sur les séries de peignes iso-lément, elles ne peuvent jamais rétrograder. Aussi, dès que louvrier esten retard pour introduire sa pince à lentrée, comme les précédentes nencontinuent pas moins leur marche, on saperçoit immédiatement de lespacevide. Les jeunes gens qui desservent lappareil sont tellement actifs et ré-guliers dans ce service que nous navons pu, pendant plusieurs heures con-sécutives, en surprendre un seul en défaut.

Mais ce qui fait surtout la supériorité de cette peigneuse mécanique sur

(1) Cet habile mécanicien a, le premier, appliqué, sur une peigneuse plate inclinée, son méca-nisme de mouvement des pinces que nous avons décrit dans le 8e vol., pl. 38.