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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
disposition présente l’avantage de mieux diviser le peignage, en attaquantmoins à la fois les fibres de la matière filamenteuse, de faire par consé-quent un travail plus régulier, de produire plus de rendement en longsbrins et moins d’étoupes.
Cespeigneuses sont du système dit à table plate ou à chaîne sans fin, maisinclinées à 30 ou 32 degrés, au lieu d’être horizontales comme on les établis-sait dans l’origine. Nous devons faire remarquer que cette inclinaison despeignes, attribuée en principe à M. Marsden, qui, comme on sait, s’estbeaucoup occupé de cette branche d’industrie, et a su y apporter successi-vement des améliorations utiles (1), a été regardée comme un véritableprogrès dans l’opération importante et délicate au peignage mécanique, ence qu’elle diminue sensiblement l’angle de courbure des fibres qui se pré-sentent à l’action des peignes. Dans les peigneuses plates horizontales, cetangle de courbure étant à peu près droit, la matière filamenteuse se raidis-sait sur les peignes, la rupture des fibres qui en résultait occasionnait uneréduction dans le rendement de la filasse ou du long brin, produisait plusd’étoupes et augmentait par suite le prix de revient de la matière peignée.Cet inconvénient est considérablement atténué par la table inclinée.
La peigneuse de M. Ward ne se distingue pas seulement sous le rapportde l’inclinaison des peignes sans fin, mais encore par l’heureuse dispositiondes pinces qui leur apportent les poignées de matières à peigner. On a vuque, dans la plupart des peigneuses mécaniques, les pinces sont chasséesl’une par l’autre, la dernière introduite à l’entrée de la machine, recevantelle seule le mouvement de translation qu’elle communique aux précé-dentes ; il en résulte que si l’ouvrier est en retard pour placer sa pincechargée, toutes les autres restent sur leur série de peignes respectifs, quicontinuent à travailler inutilement la matière déjà suffisamment peignée,et la faute de l’ouvrier échappe à l’attention du surveillant; de sorte que lamachine, tout en ne produisant pas la quantité de travail voulue, donne unpeignage irrégulier, diminue son rendement en filasse et augmente sondéchet.
Il n’en est pas de même avec le système de machine que nous allons dé-crire; elle repose sur un principe beaucoup plus rationnel : chaque pinceest indépendante de ses voisines; transportées sur les séries de peignes iso-lément, elles ne peuvent jamais rétrograder. Aussi, dès que l’ouvrier esten retard pour introduire sa pince à l’entrée, comme les précédentes n’encontinuent pas moins leur marche, on s’aperçoit immédiatement de l’espacevide. Les jeunes gens qui desservent l’appareil sont tellement actifs et ré-guliers dans ce service que nous n’avons pu, pendant plusieurs heures con-sécutives, en surprendre un seul en défaut.
Mais ce qui fait surtout la supériorité de cette peigneuse mécanique sur
(1) Cet habile mécanicien a, le premier, appliqué, sur une peigneuse plate inclinée, son méca-nisme de mouvement des pinces que nous avons décrit dans le 8e vol., pl. 38.