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Tome onzième
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EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1855 .

Partisan ot ami très-dévoué de notre travail national, et convaincu que 1 innova-tion que je propose lui serait favorable, jinsiste pour son adoption. En effet quandle public a usé dun produit dont lutilité est reconnue, il ne peut plus sen passer.La quantité de produits étrangers admis étant restreinte, relativement à la consom-mation du pays, ce serait à lindustrie nationale que reviendrait la commande desproduits similaires destinés à satisfaire le besoin nouveau.

QUEL SYSTÈME DOIT-ON ADOPTER A LÉGARD DES PRIX.

En ce qui concerne lindication des prix sur les produits exposés, trois systèmes sonten présence: 1° Interdira-t-on la publication des prix? 2° Rendra-t-on cette publica-tion facultative? 3° Lindication des prix sera-t-elle obligatoire?

Cétait un article du règlement de la Commission royale de Londres quaucun pro-duit ne porterait lindication de son prix. Cette disposition, évidemment mauvaise,avait soulevé une très-vive réprobation, et le fruit quon avait espéré retirer de lEx-position était en partie perdu, puisquon manquait dun élément essentiel de juge-ment. Une pareille interdiction était contraire à la moralité commerciale. Cétait, enquelque sorte, faire au public laveu brutal quon ne voulait ni léclairer ni lui direla vérité.

Pour échapper à ces inconvénients et éviter ces reproches, la Commission impé-riale crut devoir prendre un parti intermédiaire : elle adopta le système des prixfacultatifs. Ce parti natteignit pas le but. A diverses reprises, la Commission stimulale zèle des Exposanls pour obtenir deux lindication des prix ; mais ou bien elleéchoua devant un mauvais vouloir très-prononcé, ou bien elle nobtint que des résul-tats illusoires.

La plus grande variété a régné dans les indications. Le règlement disait bien quele prix de vente pouvait être livré à la publicité ; mais il ne disait pas quel prix.Etait-ce le prix de vente en fabrique, ou bien le prix de vente en gros, ou bien encorele prix de vente en détail? Des Exposants mettaient le prix sans dire lequel, et ren-daient ainsi ce renseignement inutile. Lexpérience de 1855 a été complète : l'indica-tion facultative des prix doit être bannie dune Exposition.

Resle le système des prix obligatoires. Celui- est, quoique dune application dif-ficile, à mon avis, le seul juste et le seul rationnel. Je vais dire tout de suite les oppo-sitions quil soulève et les obstacles quil rencontre. Lindustriel qui livre directementses produits au public répugne à faire connaître ses prix de revient, parce que lapublicité pourrait lui susciter une concurrence qui le forcerait à diminuer son béné-fice. Lintermédiaire qui prend chez les fabricants les produits manufacturés pourles offrir au public, soit en gros, soit en détail, voit dans la publicité quon réclameune atteinte directe portée à son industrie : la connaissance des prix mettrait le publicdans la confidence de la valeur réelle de la marchandise et rendrait les acheteursplus clairvoyants.

On naura pas seulement des résistances à briser, mais de grandes difficultés pourarriver à la vérité Quand un prix sera indiqué, quel mi-yen de contrôle aura-l-onpour vérifier si la déclaration est sincère? A supposer quon ait affaire à des Expo-sants véridiques, tout nest pas encore dit. Dans lappréciation, ne faut-il pas tenircomple, chose délicate, delà diversité des milieux de production? Et puis, quel prixdevra servir de critérium? Suivant moi, le seul utile à connaître pour le public, cestcelui auquel lindustriel peut lui livrer sou produit; cest lout ce qui importe et ce