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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
de cylindres travailleurs et de cylindres débourreurs, c’est-à-dire six aulieu de trois, et, par suite, d’eflectuer en certains cas toutes les opéra-tions de cardage avec une seule machine, en faisant plus d’ouvrage dansle même temps donné.
Les constructeurs français ont également adopté ce système ; nous cite-rons, en particulier, MM. Schlumberger, de Guebxviller, et Windsor frères,de Lille , qui se sont acquis une réputalion méritée dans ce genre de con-structions. Ces grandes cardes diffèrent des anciennes, non-seulement parle plus grand diamètre donné au tambour et par la plus grande quantitéde cylindres, mais encore par la disposition particulière de ceux-ci et parl’arrangement général de toutes les parties de l’appareil.
Ainsi, les cylindres fournisseurs ou alimentaires sont placés avec la tableou toile sans fin sur laquelle les étoupes sont étalées, du même côté queles entonnoirs et les rouleaux d’appel, par lesquels sortent les rubans car-dés, ce qui présente l’avanlage qu’une seule femme peut parfaitementsuffire au service de la machine, soit pour l’alimenter soit pour placer lespots qui reçoivent les rubans.
En outre, les doffers, comme les séries de rouleaux d’appel, sont aunombre de trois au lieu de deux, ce qui permet d’obtenir trois rubans àla fois.
On comprend que, dans ces conditions, de telles cardes sont d’un prixbeaucoup plus élevé que les premières; mais, il faut le reconnaître, ellessont aussi d’un meilleur service, par la régularité et la quantité de travailqu’elles produisent, comme pour l’économie de main-d’œuvre qu’ellesprocurent. Elles fonctionnent, en outre, avec une précision remarquable,sans chocs, sans bruit, comme une véritable machine d’horlogerie, aupoint que dans l’atelier même où elles sont en activité, il faut les regar-der pour s’assurer qu’elles travaillent.
M. Brière, qui a toujours l’obligeance de nous communiquer ses obser-vations pratiques sur la filature du lin et du chanvre, nous a mis à mêmede dessiner, avec tous leurs détails, les belles cardes de Saint-Martin-lez-Riom , construites par M. Fairbairn, de Leeds, et MM. Windsor, de Mou-lins-lez-Lille, ainsi que les autres machines perfectionnées que nous avonsvues fonctionner dans cet établissement. Nous sommes heureux de lesfaire connaître, persuadé qu’elles seront vues avec beaucoup d’intérêt.
Nous avons admiré leur bonne exécution, qui mérite d’être signalée.Elles sont entièrement construites en fer et en fonte. Tous les cylindres,comme le gros tambour sont fondus chacun d'une seule pièce et à unefaible épaisseur et rapportés sur des arcs en fer forgé. Les bâtis, égale-ment en fonte, sont réunis par des entretoises, et tous les engrenages sontrenfermés dans des joues latérales qui les garantissent autant que pos-sible de la poussière et des fibres légères d’étoupes.