272
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
du combustible ; quelques charbons renferment également du sulfate et du carbonatede chaux, aussi disséminés en lamelles dans toute la masse, et se détachant des sur-faces extérieures avec une extrême facilité au moindre choc ou frottement; tels par-ticulièrement les charbons du bassin de Newcastle.
Tous ces corps étrangers à la houille ont une pesanteur spécifique supérieure àcelle du charbon : il parut dès lors à M. Bérard que la séparation pouvait s’effectueren employant des moyens analogues à ceux usités dans la préparation mécaniquedes minerais; il lui restait à déterminer le choix du meilleur procédé à mettre enusage.
L’expérience acquise par l’auteur dans les divers établissements qu’il avait orga-nisés dans lesAlpes, pour la préparation et le traitement des minerais de plomb argen-tifère et de cuivre, avait fait naître dans son esprit une prédilection marquée pour lecrible à secousse, où le classement par ordre s’effectue avec une si remarquable pré-cision lorsque les matières ont été préalablement divisées par ordre de grosseur.
Mais tel que cet instrument fonctionne depuis des siècles dans le Ilartz et généra-lement en Allemagne , il n’opère que sur de petites quantités et exige des frais demain d’œuvre considérables, qui peuvent bien être supportés par des matières métal-lifères dont la valeur est élevée, tandis que pour des menus charbons, le moyen paraîtà la fois insuffisant et industriellement inapplicable.
M. Bérard ,tout en admirant la précision du travail du crible à secousse, fut frappéde l’imperfection du mode d’application du principe. Il lui sembla préférable de rendrele crible fixe et de déplacer l’eau au lieu de soulever et abaisser directement lamatière; il espérait ainsi arriver plus sûrement à rendre l’opération mécaniqueet continue, double but qu’il se proposait d’atteindre.
Convaincu de la vérité du principe et de la possibilité d’une bonne et utile exécu-tion, il continua ses études sur ce sujet, et en 1848, il prit des brevets dans toutel’Europe pour un appareil d’épuration de la houille, fonctionnant d’une manière con-tinue et entièrement mécanique. Des essais commencés à Anzin , puis continués àBruxelles , sur une échelle manufacturière, fixèrent l’attention des hommes spéciauxsur cette importante question. C’est de cette époque que date l’origine de la révolu-tion qui s’est opérée dans la métallurgie et la traction des chemins de fer, par la puretédes combustibles qui ont pu être fournis.
L’expérience de la préparation mécanique des minerais, d’accord avec les loisrationnelles de l’hydrodynamique, avait démontré la nécessité de faire procéder touttravail de séparation des matières par ordre de densité, d’un classement préalablepar ordre de grosseur. Cette règle générale devait également recevoir son applicationlorsqu’il s’agissait, dans des circonstances analogues, du traitement du charbon. Bienqu’en principe la séparation par ordre de densité soit d’autant plus parfaite que leclassement par grosseur est plus régulier, cependant, dans la pratique, il fallait savoiroù il convenait de s’arrêter pour éviter des complications toujours nuisibles; c’étaitlà une étude préalable essentielle.
La matière à éliminer de la partie métallifère des minerais est sa gangue; dans lecharbon, c’est le plus souvent le schiste houiller et le sulfure de fer. Prenons, parcomparaison, un des cas de préparation de difficulté moyenne; supposons qu’il s’agissede séparer dans un minerai de cuivre ou de zinc sulfuré une gangue quartzeuse desa partie métallifère.
L’eau étant prise pour unité, la pesanteur spécifique de la gangue est sensiblement2,7, et celle du sulfure de cuivre ou de zinc 4,4. Dans ce cas, le rapport de leur