PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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carbonisation, de battoirs en fonte fixés à l’extrémité de manches en bois. Le char-bon ainsi concassé était ensuite criblé à la main sur des grilles inclinées. Ce doubletravail et le transport au lavoir entraînaient à une dépense de 1 franc par tonne;mais comme elle ne portait que sur environ les deux tiers ou un peu plus de la moi-tié du produit livré à cette opération, c'était donc, en réalité, 0 fr. 60 à ajouter partonne de charbon à laver, plus le transport de la partie non concassée, soit entout 0 fr. 70.
Cette opération ne s’exécute pas partout, heureusement pour les exploitants; maisil faut ajouter généralement pour le criblage, le triage sans broyage et le transportaux lavoirs, au moins 0 fr. 25 par tonne.
Enfin, l’appareil livre le charbon et le schiste chargés en wagons, tandis que,avec les lavoirs, les matières sont livrées sur le sol. Le chargement ne peut êtreestimé à moins de 0,07 par tonne.
La dépense totale sans broyage, cas le plus favorable aux lavoirs, sera donc de1,717 + 0,25 + 0,07 = 2,037.
Et avec broyage elle s’élèvera au moins à
1,717 -f 0,70 = 2,417.
Ce résultat, comparé à celui de l’appareil établi à 0,279, indique déjà suffisam-ment les avantages et les services rendus à l’industrie. Dans un cas, le produit con-tient encore près d’un tiers de matières étrangères ; dans l’autre, la pureté est absolueet aussi grande que le comporte la nature du charbon, en raison de la cendre nor-male en combinaison.
L'autre méthode manuelle fait usage du bac à piston.
Cet instrument se compose, ainsi que nous l’avons dit brièvement, d’une caisserectangulaire en bois divisée en deux compartiments inégaux par une cloison verti-cale qui n’atteint, pas tout à fait le fond de la caisse. Dans le plus petit des compar-timents joue un piston creux en bois, mis en mouvement par un ouvrier à l’aide d’unbalancier à contre-poids, ou par tout autre agencement ; mais le balancier est en-core ce qu’il y a de plus simple et de préférable. On évite le contre-poids avec deuxbacs jumeaux. Un châssis horizontal est fixé dans le bac à une certaine distance encontre-bas du bord supérieur (28 à 30 centim.) : il est recouvert d’un treillis en osier,ou d'une plaque perforée métallique à l’imitation de ce que nous avons introduitdans nos appareils. A 10 ou 15 centimètres en dessus de ce châssis est une grille àlarges ouvertures, dont le but sera bientôt indiqué.
Le bac étant rempli d’eau jusque près du bord, et le menu charbon déjà criblé etpréparé étant placé sur le treillis ou la plaque perforée à peu près jusqu’au mêmeniveau, de manière à ce que l'eau en recouvre la surface, l’ouvrier imprime au pistonun mouvement de va-et-vient qui classe les matières dans le bac par ordre de den-sité, le charbon à la surface et le schiste à la partie inférieure : il donne ainsi unevolée de cinquante à soixante coups pendant une minute; puis il soulève le pistonplongeur, ce qui fait baisser le niveau de l'eau dans le bac et met le charbon à soc.Un ouvrier enlève alors à la pelle le charbon supérieur : il est arrêté en descendantpar la grille à larges ouvertures, placée à 10 ou 15 centimètres au-dessus de la plaquede criblage, qui l'empêche d’arriver jusqu’à la région des schistes. Mais maigrecette précaution, lorsque la couche de schiste s’est accrue, il existe alors une coucheintermédiaire, mélange de schisto et de charbon, que l’ouvrier entame forcément,ce qui introduit dans le charbon lavé une proportion assez notable de schiste.