PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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habile ingénieur a déjà monté , depuis deux ans, en Alsace , 44 fabriquesqui fournissent ensemble 12,877 becs, dont 10,877 environ brûlent dugaz-boghead ; il y a appliqué son système de cornues plates, pour lesquellesil est breveté en France et en Allemagne .
Le gaz, produit de la tourbe qui est un combustible si commun dans ungrand nombre de localités, doit aussi, par les procédés de MM. Moreau etLanglois, se fabriquer à des prix très-bas, qui, sans doute permettront del’employer avec profit comme chauffage.
En Angleterre, où les combustibles, très-riches en gaz, comme lahouille, coûtent infiniment moins qu’en France , non-seulement on éclairepartout au gaz, mais depuis plusieurs années, on applique dans des mai-sons particulières le gaz au chauffage domestique.
Les résullats obtenus par l’utilisation des gaz perdus des hauts-four-neaux, ont engagé plusieurs inventeurs à s’occuper aussi de cette questioncomme chauffage appliqué aux usines, et à divers appareils.
On sait qu’il y a une vingtaine d’années que l’on a eu l’idée de brûlerces gaz, en chauffant d’abord des chaudières à vapeur placées près dugueulard ; telles furent les applications faites dès 1835 par MM. Thomaset Laurens, puis plus tard par M. Eug. Flachat et par divers autres ingé-nieurs (Voir le ir vol. de ce Recueil).
En 1838, M. Robin, directeur des foyers de Niederbronn , prit un brevetd’invention de 15 ans pour un mode de consumer, dans les appareils chauf-fés des forges, le gaz retiré non brûlé et non décomposé des gueulardsdes hauts-fourneaux, après l’avoir transporté à distance jusque dans cesappareils, au moyen de conduits fermés. C’est ainsi que l’on chauffa alors,non-seulement des générateurs, mais encore des fours à puddler et autres.Depuis cette époque, l’idée de transporter les gaz perdus et éteints pourles enflammer avec des courants d’air forcés, dans les foyers mômes où onveut les utiliser, a pris un très-grand développement, non-seulement enFrance , mais encore en Allemagne et dans certaines parties de l’Angleterre.
M. D’Andelarre, maître de forges à Treveray, et associé de MM. Tho-mas et Laurens, après avoir acquis le privilège de M. Robin , se fit breve-ter pour 15 ans en 1841, non-seulement pour l’application des gaz deshauts-fourneaux et d’autres foyers industriels au traitement métallurgiqueet toutes usines à feu, mais encore pour la création et l’utilisation des gazautres que ceux des hauts-fourneaux. Ce brevet, mis à exécution dans ungrand nombre d’usines, est aujourd’hui accompagné de 12 à 14 additionssuccessives qui toutes renferment des dispositions particulières, soit pourproduire les gaz, soit pour les brûler.
Beaucoup plus récemment, M. Luzarche, maître de forges, a pris deuxbrevets le même jour et à la même heure (le 29 mai 1852), dont l’un, déli-vré sous le n° 13,769, a pour titre, « Appareils de chauffage par le gaz », etl’autre, sous le n° 13,770, « Appareils perfectionnés de chauffage applica-bles aux chaudières des locomotives et de la marine, et modifications