FABRICATION DE L’ACIER FONDU.
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« Malheureusement pour les fondeurs d’acier, on emploie çà et là, pour l’empierre-ment des routes, des matériaux fusibles dont le mélange dénature complètement laqualité des poussières; c’est ainsi que j’ai vu charger en 1842, sur une partie de laroute de Sheffield à Attercliffen au centre du district où abondent les ateliers de fu-sion, des laitiers du haut-fourneau de Sheffield-Park. Ne pouvant toujours se procu-rer des poussières parfaitement réfractaires, les fabricants d’acier fondu sont sou-vent obligés d’employer le grès. Dans ce cas, la paroi qui est en contact avec lecombustible est formée, sur une épaisseur de 0 m 11, de grès taillé assemblé avecun peu d’argile ; l’espace de 0“ 17, compris entre cette paroi et le massif fixe, est rem-pli avec des poussières de médiocre qualité. Tous les fourneaux étaient établis decette manière ( voy. fig. /&) dans l’atelier que j’ai visité, et que je crois pouvoir offrircomme le meilleur type du Yorkshire .
« Dispositions générales et dimensions de l’atelier de fusion. — Ces four-neaux , qui ne sont jamais isolés, sont disposés d’une manière semblable dans tousles ateliers. Le nombre des fourneaux juxtaposés n’est jamais moindre que quatre, etest rarement supérieur à dix. Les cheminées sont réunies dans un même massif épaisde 1 m 02 où leurs axes sont disposés en ligne droite ; l’intervalle compris entre lesaxes de deux cheminées contiguës est de 0“ 83. L’orifice des fourneaux s’ouvre dans lesol de l’atelier principal, situé lui-même à 1"20 au-dessus du niveau de la cour;l’atelier communique avec cette dernière au moyen d’un perron. Pendant la fusion,les orifices supérieurs des fourneaux sont fermés avec un couvercle formé de largesbriques maintenues par des vis de pression dans un cadre en fer. L’atelier présenteordinairement la forme d’un rectangle dont l'un des côtés, formé par le massif descheminées, a une longueur déterminée par le nombre des fourneaux ; dans un ate-lier de 10 fourneaux, celte longueur est de 8 m 30.
« Immédiatement au-dessous de cet atelier se trouve toujours une cave voûtée dontle sol, qui est de niveau avec le fond du cendrier des fourneaux, est à 1“42 encontre- bas du sol de la cour.
« De part et d’autre de l'atelier se trouvent deux petits magasins au même niveauque la cour; l’un sert à la fois de dépôt pour le coke et l’argile réfractaire, et d’atelierpour la fabrication des creusets. Dans l’autre sont établis le dépôt des matières pre-mières ’ t des produits, et l’atelier pour le cassage de l’acier brut. Le sol de l’atelierde fusion est prolongé dans le dernier de ces bâtiments latéraux, au-devant d’unpetit four dans lequel on porte les creusets à la température rouge avant de les intro-duire dans les fourneaux de fusion. Deux escaliers permettent d’amener directementde chacun de ces magasins, près de l’orifice des fourneaux de fusion, le coke et l’a-cier de cémentation. Un escalier met en communication la cave avec le magasin desaciers où se tiennent souvent les ouvriers pendant la fusion, et facilite ainsi la sur-veillance qu’il faut sans cesse exercer sur les grilles. Un autre escalier ménagé sousle perron, et dans lequel s’ouvre une fenêtre, contribue encore à faire arriver sous lavoûte l’air et la lumière.
« Des creusets servant a la fusion de l’acier. — Les creusets dans lesquelsl’acier est soumis à la fusion (voy. fig. @), constituent une partie fort importante dumatériel. Il a fallu une longue série d’expériences pour déterminer les dimensions etles formes de creusets qui donnent lieu à la moindre consommation de combustibleet au moindre déchet sur la matière première. Ce qui prouve que les questions sontaujourd’hui parfaitement résolues, c’est que toutes les usines sont arrivées sousce rapport à une uniformité presque complète.