CONSERVATION DES GRAINS.
SYSTÈME COMPLET D’EMMAGASINAGE
ET DE CONSERVATION DES CÉRÉALES,
(planche 23.)
EXPOSE.
Il y a plus de trente-cinq ans, un homme de bien, M. d’Artigues, membredu conseil d’administration de la Société d’encouragement et du Conseilgénéral des manufactures, disait, au sujet de la conservation des blés ;
« Les années de disette qui affligent souvent la France , et au soulage-ment desquelles les années d’abondance antérieures n’apportent aucunsecours, font que celui qui trouverait un moyen pour conserver facilement,sûrement et à bon marché, les blés des bonnes années, rendrait le plusgrand service à la France et à l’humanité entière. L’appât des bénéficesengage plusieurs personnes qui bravent les dangers qu’on court à conser-ver les blés, ainsi que les frais et les pertes qu’entraîne cette conservation,à en amasser dans les t:mps d’abondance, pour les reverser dans le com-merce pendant les disettes. Mais le nombre de ces commerçants, qu’on nesaurait trop encourager, est beaucoup diminué par la crainte, les embarraset les dépenses qui sont la suite inévitable des grands approvisionnementsde blés. La France surtout est très en arrière des autres nations pour cegenre de spéculation. Pendant les années d’abondance les étrangers nousachètent, à vil prix, nos plus beaux blés, et lorsque les mauvaises annéessévissent, ils nous les rapportent détériorés et nous les revendent à un prixtrès-élevé. »
Selon un savant agriculteur, M. de Gasparin, de l’Académie de sciences,l’approvisionnement total en France est de 75 millions d’hectolitres de tousgrains, réduits à leur équivalent en froment, déduction faite des semences