CONSERVATION DES GRAINS.
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qu’on ne saurait toujours prendre ; si en Espagne , en Turquie , en Toscane , etc., onréussit à conserver ainsi les blés, cela tient à l’influence favorable du climat et à descirconstances particulières qu’on ne rencontre pas dans la plus grande partie de laFrance .
A Livourne , par exemple, où il se fait un si grand commerce de blé, on ne tentepas, comme on l’a toujours fait ici, de garder les grains enfermés pendant deux outrois ans sans plus s’en occuper; mais on les extrait des silos tous les trois ou quatremois pour les étendre et les retourner à l’air sur une plate-forme sèche. Les tressesou bourrelets en paille qui garnissent toutes les parois internes sont mis dehors, sé-chés et réparés; on remplit alors les silos avec les mêmes précautions que la premièrefois, on les ferme à l’aide d’une dalle qui est ensuite recouverte de terre. C’est ainsique l’on évite de propager dans la masse quelques altérations partielles et que legrain est entretenu dans un très-bon état de conservation.
A Florence , à Pise , où les silos restent plus longtemps remplis, on prend les mêmesprécautions.
Nous ne devons pas omettre de rappeler l’influence favorable du climat sur cesutiles pratiques ; la même observation fera bien comprendre l’efficacité des procédésusuels que nous avons suivis dans plnsieurs domaines de cette contrée : ils consistentà battre le grain aussitôt après la moisson, puis à verser immédiatement le grainnettoyé soit dans de grandes jarres en grès, soit dans des cuves en bois élevées au-dessus du sol et recouvertes avec des douves ou des toiles grossières ; souvent sur lesjarres remplies de blé on se contente de mettre une couche comble de petites fèvesdures que les charançons n’attaquent pas et qui préservent le reste. On conçoit d’ail-leurs comment de tels soins doivent empêcher la propagation des insectes les pluspernicieux.
Sans doute ils seraient applicables chez nous, mais l’humidité habituelle de l’airatmosphérique les rendrait insuffisants.
CONSERVATION EN SACS.
Parmentier, et avec lui d’autres personnes qui ont beaucoup raisonné sur la con-servation des blés, a déconseillé l’emploi des silos, et s’est arrêté à prescrire de ren-fermer les grains dans des sacs isolés entre eux, en assurant que ce moyen est pré-férable, qu’il garantit le blé des dangers de réchauffement, qu’jl empêche en partiela multiplication des charançons, et la naissance des teignes, les déprédations dessouris et les ordures des chats.
Mais ce procédé est très-coûteux, exige beaucoup d’emplacement, et il rend l’aé-rage des blés par le mouvement beaucoup plus difficile, aussi est-on peu tenté del’employer.
TRÉMIES SUPERPOSÉES.
M. D’Arligues, que nous avons cité plus haut, imagina, vers 1818, un appareil quilui parut préférable aux précédents, et qui consistait en plusieurs coffres ou trémiesen bois d’environ 1 m 15, placées les unes au-dessus des autres à un mètre, et présen-tant à la base une ouverture de 8 centimètres, fermée par une porte à coulisse.
Parce système, réchauffement du blé, dit l’auteur, est impossible, l’aérage estfacile, et le grain peut être remué presque sans frais, car il suffit de placer sous latrémie inférieure élevée de 60 centimètres au-dessus du plancher, une caisse rou-lante dans laquelle on fait tomber tout le blé contenu dans ce premier coffre du bas ;