MACHINE A VAPEUR A TROIS CYLINDRES.
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Économie de construction. — Cette nouvelle machine présente sur lesmachines généralement adoptées une grande économie de construction.
Sur les machines à balancier, la différence est énorme et n’a pas mêmebesoin d’être expliquée.
Sur les machines à deux cylindres séparés ( prix de 1849) la différencede poids est de moitié.
On s’en rend compte par le tableau ci-dessous :
MACHINÉS a trois cylindres.
Un seul bâti.
Petit cylindre de volume 1,1a vitesse étant 2.
Deux grands cylindres au lieu d’un, maischacun de volume 1.
Un seul condenseur de volume 1, la vitesseétant 2.
Un volant quatre fois moins lourd, la vitesseétant 2.
Tuyaux et communications plus courtes, lamachine étant très-ramassée.
MACHINES A DEUX CYLINDRES SÉPARÉS.Deux bâtis.
Petit cylindre de volume 2, la vitesse étant 1Un seul grand cylindre, mais de volume 2.
Condenseur de volume 2, la vitesse étant 1.
Un volant quatre fois plus lourd, etc.
Transmission plus simple, dans les filatures, la vitesse de l’arbre moteur étant déjàgrande.
D’ailleurs, les prix de revient, relevés pour l’une et pour l’autre de cesmachines, donnent en faveur de celles à trois cylindres une différence im-portante.
Enfin, sur les machines à un seul cylindre, elles doivent avoir encorel’avantage. Car, pour de grandes forces, si l’on veut comme ici produireune détente de 1/10 et dans un seul cylindre, il faut lui donner un dia-mètre et une hauteur considérables, et, pour régulariser le mouvement,employer un volant énorme.
L’économie de matière est donc incontestable et importante; la main-d’œuvre, au contraire, est un peu plus grande ; aussi ces machines seraient-elles moins avantageuses à construire pour de petites forces (jusqu’à20 chevaux ) où la main-d’œuvre est une fraction importante du prix derevient, que pour de grandes forces ( depuis 20 chevaux ).
M. Legavrian se propose de construire aussi des machines à trois cy-lindres horizontaux. Il réalisera ainsi une économie de matière plus notableencore.
Économie de combustible. — L’économie de combustible résulte d’unecomplète utilisation de la vapeur qui, pour cela, est détendue au 1/10 en-viron. Ici, une amélioration a été apportée, c’est la très-faible longueurdes tuyaux de communication qui n’offrent à la vapeur passant de A dansC ou C' que peu de capacité pour se détendre inutilement et peu de sur-face pour se condenser.
En outre, les enveloppes ajoutées aux grands comme au petit cylindreempêchent toute perte de force par condensation intérieure à chaque coup.