PUBLICATION INDUSTRIELLE.
168
ni les fabricants, et sont plutôt abandonnés à l’intelligence et à la pratiquedes ouvriers qui dirigent ces machines. Ainsi, les uns recommandent desdents angulaires, comme celles que l’on remarque sur la coupe verticalefig. l Te et sur le détail fig. 7, et qui existent sur la machine que nous avonsrelevée à Bercy; d’autres, au contraire, adoptent des dents arrondies dansle fond et terminées en bec de perroquet, comme celles qui sont représen-tées sur la fig. 6. Dans les premières on laisse un vide plus grand que leplein : il est quelquefois double de celui-ci ; dans les secondes, on fait ordi-nairement des chanfreins ou des biseaux que l’on alterne tantôt d’un côté,tantôt de l’autre, afin de permettre à la sciure de bois de se dégager aufur et à mesure qu’elle est enlevée. Cependant ces moyens ne suffisent pasencore, car on est toujours obligé de donner de la voie à la scie, surtoutpour les bois tendres, parce que les dents s’engorgeraient très-rapidement,le bois serait mal coupé, et on dépenserait plus de puissance motrice pourobtenir moins de travail. Tl est évident que la denture d’une scie devraitêtre appropriée à la nature même du bois qu’elle a à débiter; mais commeon est souvent obligé de couper diverses sortes de bois sur la même ma-chine, il devient difficile de se placer dans les meilleures conditions.
La monture de la scie mécanique qui nous occupe est exactement sem-blable à celle d’une scie ordinaire. Elle se compose d’un montant en boisA, assemblé par ses extrémités à deux traverses B, également en bois, etauxquelles sont fixés d’un côté les chaperons en fer 6, pour recevoir leschapes de la scie; un long boulon c, en fer forgé, réunit les deux mêmestraverses au côté opposé, et sert à bander la lame au degré convenable,chaque fois qu’il est nécessaire, au moyen de l’écrou qui le termine.
Les chapes en fer a sont ajustées dans leurs chaperons b, à coulisse, avecune certaine avance de l’une par rapport à l’autre, de manière à permettrede diriger le côté denté de la scie suivant une ligne légèrement inclinée,au lieu d’être exactement verticale. La monture porte sur sa face inté-rieure un châssis en bois /qui, vers ses extrémités, est garni de coulis-seaux en cuivre ou en bronze e, lesquels, dans le mouvement alternatifimprimé au système, glissent dans les coulisses angulaires g , rapportéescontre les deux montants de fonte D ( fig. 1 et 2). Ces coulisses sont exac-tement verticales, par conséquent tout le porte-scie est obligé de marcherverticalement, et les extrémités des dents qui se trouvent sur une ligneoblique, comme nous l’avons fait sentir sur la fig. 7, parcourent aussi,dans son mouvement, une suite de lignes droites verticales très-rappro-chées les unes des autres, mais ne se confondant pas, de manière que cha-cune d’elles enlève une certaine tranche de bois dont on peut d’ailleursconnaître le volume, comme nous le ferons voir plus loin.
Comme il importe que les coulisseaux ne prennent pas de jeu dans leurscoulisses pendant le travail de la scie, on a dû nécessairement se ménagerla possibilité de régler ces dernières, de les rapprocher ou les écarter àvolonté selon les besoins. A cet effet, les boulons i, qui les retiennent