MACHINE A TAILLER LES DENTS.
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denture est venue de fonte, et surtout, si, comme nous l’avons vu plus haut,le moteur est une machine à vapeur. En ne comptant que deux jours, onvoit que le prix de revient se réduit à 20 fr. environ, pour la taille de toutesles dents du pignon.
Remarquons bien qu’avec cette machine, il n’est pas, comme pour letravail à la main, indispensable de diviser préalablement la roue (on le faitquelquefois, et d’un côté seulement, pour ne pas risquer de se tromper dedivision). Les frais généraux, qui, dans un établissement de construction,sont souvent énormes, sont ici proportionnellement moindres évidemmentque dans le premier cas, en ce que, dans le môme temps, on peut fairebeaucoup plus de pièces.
Mais ce qu’il importe encore surtout de faire remarquer, c’est la réduc-tion des frais de modèle. Par cela même que la machine permet de taillerles dents dans la fonte pleine, sans évidement préalable, la construction dumodèle d’une roue est bien plus économique. En effet, on sait que lorsqueles dents d’un engrenage doivent venir en fonte, il faut rapporter sur lajante du modèle, à queue d’hironde ou à vis, chacune des portées qui doi-vent former les dents et qui sont débitées à l’avance; mais pour que cetteopération soit bien faite, on place la roue sur une plate-forme, afin de tra-cer les lignes qui doivent indiquer leur place, ou de pratiquer les entaillesà queue : puis, lorsque les portées, seulement dégrossies, sont en place, onles taille de chaque côté, en leur donnant un peu de dépouille (ce qui estnécessaire surtout si la denture est large). On conçoit sans peine que cedouble travail est fort long; c’est aussi celui qui coûte le plus dans laconfection du modèle.
En l’évitant, par la machine de MM. Cartier et Armengaud, on écono-mise donc du temps et de la main-d’œuvre. On a de plus cet avantage quele même modèle, avec une jante fondue pleine, est non-seulement beau-coup plus facile à tourner que celle qui contient les dents brutes, maisencore il peut servir souvent comme plusieurs modèles de môme diamètre,ayant des nombres de dents différents. Ainsi, on le fait servir aujourd’huipour une roue qui doit avoir 50 dents, et demain pour une roue qui doiten porter 60 ; c’est un avantage précieux, si l’on remarque que la grandequantité de modèles que l’on est obligé d’avoir dans un atelier de construc-tion forme un capital énorme et qui est presque mort, parce que souvent(et c’est le plus grand nombre) une partie ne ressert plus.
On a en outre l’avantage, en taillant dans la fonte pleine, de diminuerconsidérablement les frais d’usure d’outils.
Lorsqu’on taille des roues ou pignons d’angle, l’opération est nécessai-rement plus longue, parce qu’il faut faire quatre passes au lieu de deux. Oncompte, en général, moitié plus de temps employé pour une roue d’angleque pour une roue droite de même dimension, de même nombre de dents,et de même force de denture ; il est rare cependant que l’ouvrier habituémette moitié plus de temps, parce qu’il n’a pas les frais de montage une