PUBLICATION INDUSTRIELLE.
437
La patente prise, en 1840, par le capitaine Carpenter (1), de la marineroyale, est pour trois objets : 1° suspension du système de manière à lepouvoir enlever quand il devient nuisible ; 2° emploi du propulseur pourexécuter ses évolutions sans aide du vent, de la vapeur, ni du gouvernail ;3° placement d’un seul propulseur, traversant l’étambot sans nuire à l’effetdu gouvernail. Le propulseur se compose de deux trapèzes plats, attachéspar des bras à l’arbre moteur ; il n’y a donc aucune portion de vis, quoiquele mouvement soit hélicoïde. Un arrangement pareil est placé de chaquecôté du navire. On emploie, comme moyen de réunion du mécanismemoteur avec l’arbre du propulseur, un joint universel; ce qui donne lafaculté de le retirer de l’eau à volonté. Le propulseur Carpenter a la formeque Newton décrit comme offrant la moindre résistance au fluide sur sonplus long axe, et la plus grande résistance dans le sens des côtés. C’estégalement la forme avec laquelle le colonel Beaufoy a obtenu des résultatssi satisfaisants, en déterminant la résistance des fluides. Le propulseurCarpenter a été appliqué à la chaloupe du bâtiment à vapeur le Geyser, quecommande cet officier. Cette embarcation a 9 mètres de long et 2 m 75 delarge; elle peut porter 8 tonneaux. Le moteur est le système à rotationnommé machine à disque, d’une construction tout à fait spéciale et d’unegrande légèreté. On en trouve la description dans le Mechanics' Maga-zine (2). La machine employée ici est de 5 à 6 chevaux, et elle pèse300 kilog. (3). Elle a 1 mètre de grand diamètre et 0 m 50 au fort de sonpetit diamètre; il reste ainsi un grand espace pour l’équipage. Dans unepremière expérience on a obtenu 7 milles de vitesse, malgré la forme dé-fectueuse de l’embarcation, qui plongeait de l’avant en marchant. La ma-chine faisait 200 tours à la minute. Dans un second essai on a remorqué,avec une vitesse aussi de 7 milles à l’heure, un bateau canonnier ayant sapièce à bord et un armement de 50 hommes. L’appareil, machine et chau-dière, est tellement disposé dans la chaloupe ( prête à effectuer un débar-quement), qu’on peut l’en retirer en cinq minutes, et qu’il ne faut que lemême temps pour le replacer de manière à en faire usage. Antérieure-ment, deux hommes, faisant agir un guindeau dans une embarcation de6 m 40 de long sur l m 40 de large, avaient obtenu une vitesse de 200 tours àla minute d’un propulseur placé à l’arrière, et la vitesse avait été de150 mètres pour le même espace de temps.
M. Cullot a obtenu, en 1840, un brevet d’invention pour navigation aumoyen d’un bateau dit Cyclonydrome.
M. John Junius (4) (1841) propose de faire les lames composant l’héliceà surface plissée en allant de la circonférence au centre, de manière à pré-
(1) Mechanics’ Magazine, 1840, volume XXXII ; 1841, volume XXXIV et appendice D.
(2) Mechanics’ Magazine, de Taylor et Davis, 1838, volume XXIX.
(3) C’est à peu près le double de la machine Pecqueur.
(41 Mechanics’ Magazine, 1841, volume XXXIV.
(5) Mech. Mag., 1841, volume XXXV.