FOURNEAUX A ANTHRACITE.
Lorsqu’on veut se servir de l’anthracite comme combustible, il est detoute nécessité de modifier le foyer et les grilles, mais dans des conditionsparticulières qui dépendent de la manière dont le combustible se comporteau feu. Il est une chose que l’expérience confirme tous les jours, c’est queles anthracites ne peuvent brûler que sur une grande épaisseur, pour quele foyer s’élève à une haute température, et ne laisse échapper qu’un très-petit volume d’air sans être brûlé.
M. Péclet, dans son nouveau traité sur la chaleur, nous apprend queM. Evrard, ingénieur civil à Valenciennes , paraît avoir, des premiers enFrance , réussi à brûler l’anthracite en donnant au foyer un plus grand vo-lume , afin de pouvoir contenir une plus grande quantité de combustible ; ilfaisait arriver sous la grille un courant de vapeur, et ne laissait au cendrierqu’une ouverture de 0“15 de hauteur dont la largeur pouvait être réglée àvolonté. Il parvint ainsi à obtenir une température assez élevée pour pro-duire de la vapeur à deux atmosphères et demie ; la consommation du com-bustible était de 55 kilog. par heure.
Depuis, on a reconnu qu’on pouvait se passer d’un jet de vapeur endonnant à la cheminée une section suffisante, à la grille une dimensiondeux fois plus grande que celle des grilles à houille ordinaire, et une épais-seur de combustible de 0 m 20 au moins.
M. Player a imaginé une disposition de foyer pour une espèce d’anthra-cite qui donnerait plus de résidus, comme ceux du pays de Galles et d’Amé-rique ; il a réussi complètement. Son foyer se compose d’une grille à bar-reaux étroits, au-dessus de laquelle l’auteur a établi un fort tuyau terminéèn forme de trémie à la partie supérieure qu’il a le soin de tenir constam-ment remplie. De cette manière le combustible descend à mesure qu’il seconsume; on n’a jamais besoin d’ouvrir ni de fermer de porte; par con-séquent on évite le courant d’air froid sur le combustible ; l’anthracitepeut ainsi s’échauffer progressivement à mesure qu’il descend, ne décrépitepas dans le foyer et n’éteint plus celui qui est en ignition en le refroidis-sant , et l’on obtient une alimentation des plus régulières.
Une machine à vapeur a pu travailler pendant 72 heures consécutives ,avec une disposition de foyer comme nous venons de l’indiquer, où l’on nebrûlait que de l’anthracite, sans qu’il ait été nécessaire de tisonner, de déga-ger la grille et de faire tomber les escarbilles. L’anthracite employé était menusans être en poudre, et on le versait toutes les quatre heures dans la trémie.
M. Manby a aussi construit une chaudière à vapeur à basse pression