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ET POLITIQUE . Liv. IV. 417íbmations diminuèrent. On négligea la culture des terres. Les ou-vriers passerent chez Tétranger. Le peuple n’eut ni nourriture , nivêtement. La noblesse fit la guerre fans appointemens, & engageases posseíïïons. Tous les ordres de Tétât accablés fous le poids destaxes, manquoient du nécessaire. Les effets royaux étoient dansT avilissement ; les contrats fur Thôtel-de-ville ne fe vendoient quela moitié de leur valeur, & les billets d’ustensiles perdoient quatre-vingt & quatre-vingt-dix pour cent. Louis XIV. eut un besoin pres-sant fur la fin de fes jours de huit millions : il fut obligé de les acheterpar trente-deux millions de refcriptions. C’étoit emprunter à quatrecent pour cent.

Tel étoit le désordre des affaires, lorsque le duc d’Orléans pritLes rênes du gouvernement. Les gens extrêmes vouloient que dansTimposiîbilíté de faire face à tout, on sacrifiât aux propriétaires desterres les créanciers de Tétat, qui n étoient tout au plus que commeun à fix cent. Le régent fe refusa à une violence qui auroit impriméune tache ineffaçable fur son administration. II préféra un examendes engagemens publics à une banqueroute entiere.

Malgré la réduction de fix cents millions d’effets au porteur, àdeux cent cinquante millions de billets d’état, la dette nationalefe monta à deux milliards soixante-deux millions cent trente-huitmille une livre , à vingt - huit francs le marc, dont les intérêts audenier vingt-cinq montoient à quatre-vingt-neuf millions neuf centquatre-vingt-trois mille quatre cent cinquante-trois livres.

L’énormité de ces engagemens qui abforboient prefquentiére-ment les revenus de Tétât, fit adopter ridée dune chambre de jus-tice destinée à poursuivre ceux qui avoient causé la mifere publi-que , & qui en avoient profité. Cette inquisition ne fit que mettreau grand jour Tincapacité des ministres qui avoient conduit lesfinances, les ruses des traitans qui les avoient englouties, la bassessedes courtisans qui vendoient leur crédit à qui vouloit Tacheter. Lesbons esprits furent affermis par cette nouvelle expérience , dansl’horreur qu’iis avoient toujours eue pour un tribunal pareil. K avilitla dignité du prince qui manque à fes engagemens, & met fous les

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