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4 02 HISTOIRE PHILOSOPHIQUE

S’il n’étoit pas possible de porter des marchandises à Siam, onpouvoir travailler à en inspirer peu-à-peu le goût , préparer ungrand commerce dans le pays même, & se servir de celui qu’ontrouvoit en ce moment, pour ouvrir des liaisons avec tout 10-rient. La íìtuation du royaume entre deux golfes où il occupe centsoixante lieues de cotes fur l’un , & environ deux cents fur l’autre ,auroit ouvert la navigation de toutes les mers de cette partie del’univers. La forteresse de Bankok bâtie à l’embouchure du Menan,qu’on avoir remise aux François , étoit un excellent entrepôt pourtoutes les opérations qu’on auroit voulu faire à la Chine , auxPhilippines , dans tout l’ess de l’Inde. Le port de Mergui, le prin-cipal de l’état , & l’un des meilleurs d’Ase qu’on leur avoir auíiìcédé , leur donnoit de grandes facilités pour la côte du Coro-mandsl , sur-tout pour le Bengale. II leur assuroit une communi-cation avantageuse avec les royaumes du Pégu , d’Ava , d’Ar-rakam, de Lagos, pays plus barbares encore que Siam, mais oùl’on trouve les plus beaux rubis de la terre , & de la poudre d'or»Tous ces états offrent de même que Siam l’arbre d’où découlecette gomme précieuse avec laquelle les Chinois & les Japonoiscomposent leur vernis ; & quiconque possédera le commerce decette denrée , en fera un très-Iucratii à la Chine & au Japon.

Outre Pavantage de trouver de bons établissemens tout formés,qui ne coûtoient rien à la compagnie , & qui pouvaient mettredans ses mains une grande partie du commerce de POrient ; elleauroit pu tirer de Siam pour PEurope, de l’ivoire , du bois de tein-ture semblable à celui qu’on coupe à îa baie de Campêche , beau-coup de casse,cette grande quantité de peaux de busses & de daimsqu y ail oient chercher autrefois les Hoilandois. On auroit pu ycultiver le* poivre , & peut-être d’autres épiceries qu’on n’y re-cueilloit point, parce qu’on en ignoroit la culture , & que le mal-heureux habitant de Siam indifférent à tout ne réussissoit à rien.

Les François ne s’occuperent point de ces objets. Les facteursde la compagnie , les officiers, les troupes, les jésuites n’enten-doient rien au commerce z ils ne íongeoient qu’aux conversons %