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sur ces navires l’intérêt que ses facultés lui permettroient. Bientôtmême on la vit réduite à céder l’exercice entier & exclusif de sonprivilège à quelques armateurs de Saint-Malo , mais fous la réservedu même induit, qui depuis quelques années lui confervoit un restede vie.
Cette situation désespérée ne Fempêcha pas de solliciter en 1714,le renouvellement de son privilège qui alloit expirer , & dont elleavoit joui un demi-siecle. II lui fut accordé [une prorogation de dixans, par un ministère qui ne savoit pas ou ne vouloir pas voir qu’ily avoit à prendre des mesures plus raisonnables. Ce nouvel arrange-ment iseut lieu qu’en partie, pardesévénemens extraordinaires dontil faut développer les causes,
CHAPITRE L X X I I I.
La compagnie de France reçoit un éclat paffager du syjlème deLaw , & retombe dans Iobscurité»
T i Es esprits accoutumés à suivre la marche des empires, ont tou-jours regardé la mort de Colbert comme le terme de la vraie pros-périté de la France. Elle jeta encore quelque éclat au-dehors ; maisle dépérissement de son intérieur devenoit tous les jours plus grand.Ses finances administrées fans ordre & fans principes, furent la proied’une foule de traitans avides. Ils se rendirent nécessaires par leursbrigandages même, & parvinrent à donner la loi au gouvernement.La confusion, Tufure, les mutations continuelles dans les monnoies,les réductions forcées d’intérêt, les aliénations du domaine & desimpositions , des engagemens impossibles à tenir , la création desrentes & des charges, les privilèges, les exemptions de toute efpece ;cent maux plus ruineux les uns que les autres, furent la fuite d’uneadministration si vicieuse.
Le discrédit devint bientôt universel. Les banqueroutes se mul-tiplièrent. L’argent disparut. Le commerce fut anéanti. Les con-sommations