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4 34 HISTOIRE PHILOSOPHIQUE

Fenchaîner lui-même , & donner à ses institutions une telle sorce>que ses successeurs , quoiqu absolus, sussent obligés d etre justes. Leprince devoir être le juge du peuple & l’arbitre de Tétât. Mais sontribunal & son conseil étoient dans-la place publique. L’injustice 8cla tyrannie, aiment à se renfermer dans sombre ; elles se cachent kceux qu’elles oppriment. Mais,quand le monarque ne veut agir quesous les yeux de ses sujets ; c’est qu’il n’a que du bien à leur faire.Insulter en face à des hommes rassemblés, est une injure dont lestyrans même peuvent rougir.

Le principal appui de T autorité, étoit un corps de quatre millehommes, qui s’appeLloient les premiers esclaves du prince. C’estdans ce corps que Ton choiíìssoit les omrahs, c’est-à-dire, ceux quientroient dans les conseils de Tempereur, & à qui il donnoit desterres honorées de grands privilèges. Ces sortes de fiefs étoient tou-jours amovibles , & ìe prince héritoit de ceux qu’il en avoir sait pos-sesseurs. C’est à cette condition qu’étoient données toutes les grandesplaces : tant il paroît de la nature du despotisme , de n’enrichir desesclaves que pour les dépouiller.

Les places a omrahs n’en étoient pas moins briguées. C’étoítTobjet de Tambition de quiconque aspiroit au gouvernement d’uneprovince. Pour prévenir les projets cf élévation & d’indépendanceque pouvoient fòrmer les gouverneurs ; on mettoit auprès d'eux dessurveillans qui ne leur étoient soumis en rien, & qui étoient chargésd’examiner remploi qu’ils saisoient des forces militaires , qu’on étoitobligé de leur confier pour tenir dans le respect les Indiens assu-jettis. Les places fortes étoient souvent entre.les mains d’oíficiersoui ne rendoient compte qu’à la cour. Cette cour soupçonneuse man-doit souvent le gouverneur, le retenoit ou le déplaçoit, selon les>vues d’une politique changeante. Ces vicissitudes étoient devenuesfi communes , qu’un nouveau gouverneur, sortant de Delhy , restasur son éléphant , le visage tourné vers la ville, pour voir , disoit-il , venir son succejseur.

Cependant, la forme de Tadministration n’étoit pas la même danstout i’empire. Les Mogols avoient laissé plusieurs princes indiens;