Band 
JPEG-Download
 

ET ? 0 LIT 1 QUE* Liv. IV. 4Z<

în.possession de leurs souverainetés , Sc même avec pouvoir de lestransmettre à leurs descendans. Ils gouvernaient selon les loix dupays, quoique relevant d un nabab nommé par la cour. On ne leurimposoit qu'u n tribut, Sc l’obligation de relier soumis aux condi-tions accordées à leurs ancêtres au te m s de la conquête.

II faut que la nation conquérante n’ait pas exercé de grands ra-vages , puisqu'elle ne fait encore que le dixieme de la populationde l’Inde. II y a cent millions d’Indiens fur dix millions de Tartares.Les deux peuples ne se sont point mélangés. Les indiens seuls fontcultivateurs Sc ouvriers. Eux seuls remplissent les campagnes Sc lesmanufactures. Les mahométans font dans la capitale, à la cour,dans les grandes villes, dans les camps Sc dans les armées. (*)

II paroît qu’à l’époque où les Mogols entrerent dans l’Indostan ,ils n’y trouvèrent point de propriétés particulières. Toutes les terresappartenoient aux princes Indiens ; & l’on peut bien croire que desconquérans féroces, livrés à l’ignorance Sc k la cupidité , consa-crèrent cet abus, qui ess le dernier excès du pouvoir arbitraire. Laportion des terres de l’empire, que les nouveaux souverains s’attri-buerent, fut divisée en grands gouvernemens qu’on appella sou-bables. Les soubas, chargés de l’administration militaire & civile,

( * ) Il passe pour constant que le conquérant , pour établir plus solidement sa puis-sance , se réserva la propriété des terres qu’il laiíloit aux uns, & de celles qu’il confioitaux autres.. Cette opinion n'est pas tout-à-fait exacte. Dans tous les pays que les princesIndiens continuèrent à régir lòus l’autorité mogole , le laboureur fut maintenu dans l’usagede disposer à son gré des champs qu’il arrosoir de ses sueurs. S’il en étoit chassé, comme onle voit souvent encore, par le rentier chargé de recevoir une portion des fruits, & de rendreune somme fixe au gouvernement, c’étoit Un acte de tyrannie qui ne manqua jamais d’at-tirer l’exécration publique fur celui qui ,1’exerçoit & I’autorisoit. Dans les cantons mêmeabsolument assujettis , le cultivateur ne fut pas dépouillé du droit de vendre & de tester,soit que l’empereur donna leurs héritages en fief, soit qu’il se contentât de les affermer. Lapolitique indienne & mogole fut toujours également d’empêcher qu’aucune famille ne pûtmettre dans ses mains de vastes domaines. Comme toutes les acquisttions de terre font su-jettes à de grandes formalités , si quelqu’un eût essayé de se rendre maître d’un terrain unpeu étendu , on lui auroit refusé les certificats nécessaires pour s’en mettre en postestìon ,& fa tête auroit été marquée comme une victime qu’il falloit sacrifier à la tranquillité del’état.

lii z,