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448 HISTOIRE PHILOSOPHIQUE

Quoique ces arrangemens faits par des marchands ne dussent pasêtre agréables à la cour de Delhy, on craignit peu son ressenti-ment. Privée des secours d’hommes & d’argent, que les soubas, lesnababs, les rajas, ses moindres préposés se permettoient de lui re-fuser, elle se voyoit assaillie de tous les côtés.

Les Rajeputes, descendans de ces Indiens que combattit Ale-xandre , chassés de leurs terres par les Mogols, se sont réfugiés dansdes montagnes presqu’inacceíîìbles. Des troubles continuels lesmettent hors d’état de former des projets de conquête ; mais dansles m o mens de repos que leur laissent leurs dissentions, ils font desincursions qui fatiguent un empire épuisé.

Les Pàtanes font des ennemis encore plus redoutables. Chasséspar les Mogols de la plupart des trônes de l’Indostan, ils se sontréfugiés au pied du mont Imaiis, qui est une branche du Caucase. «Ce séjour a singulièrement changé leurs j mœurs, & leur a donnéune férocité de caractère qu’ils n’avoient pas fous un ciel plus doux.La guerre est leur occupation la plus ordinaire. On les voit feranger indifféremment fous les étendards des princes Indiens ou ma-hométans; mais leur docilité n’égale pas leur valeur. De quelquecrime qu’ils fe soient rendus coupables, il est dangereux de les enpunir, parce que resprit.de vengeance le£ porte à l’assaílmat quandils font soibles, & à la révolte , lorsque leur nombre peut les enhardirà des démarches audacieuses. Depuis que la puissance dominante aperdu fa force, la nation a secoué le joug. Ses généraux ont même,il y a peu d’années , poussé leurs ravages jufqu’à Delhy, qu’ils montabandonné qu’après un affreux pillage.

Au nord de Flndostan est une nation, qui, quoique nouvelle, &même parce qu’elle est nouvelle, sinfpire encore plus dé terreur.Ces peuples, connus fous le nom de Seiks, ont su se tirer des sersdu despotisme & de la superstition, quoiqu’entourés de nationsesclaves. On les dit sectateurs d’un philosophe du Thibet, qui leurdonna des idées de liberté , & leur enseigna le déisme, sans aucunmélange de superstition. Ils se .firent connoître au commencementdu sieclez mais alors ils étoient moins regardés comme une nation

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