DES DEUX INDES. 407
les efforts des nouveaux aventuriers. L’unique fruit de ces expé-ditions répétées , fut une haute opinion de Madagascar , mépriséjusqu’alors parles Portugais , par les Hollandois & parles Angloisqui n’y avoient trouvé aucun des objets qui les attiroient dansPOrient.
L’idée avantageuse que les François avoient prise de cette isle,donna, en 1642 , naissance à une compagnie qui vouloity formerun grand établissement pour assurer à ses vaisseaux la facilité d’allerplus loin. Son octroi devoir durer vingt ans : mais les cruautés ,les perfidies , les infidélités de ses agens ne lui permirent pas defournir fa carrière entière. Ses capitaux étoient consommés ; &elle n’avoit pour prix de ses dépenses que quatre ou cinq bour-gades , situées fur la côte , construites de planches, couvertesde feuilles, entourées de pieux, & décorées du nom imposant deforts , parce qu’on y voyoit quelques batteries. Les défenseursde ces misérables habitations étoient réduits à une centaine de bri-gands qui, par leur tyrannie, ajout oient tous les jours à la hainequ’on avoit jurée à leur nation. Quelques districts abandonnés parles naturels du pays, quelques cantons plus étendus, dont laviolence arrachoit un tribut en denrées : c’étoient toits les avan-tages qu’on avoit obtenus.
Le maréchal de la Meilleraie s’empara de ces débris, &conçut le dessein de relever pour son utilité particulière une en-treprise si mal conduite. II y réussit íi peu que sa propriété ne futvendue que vingt-mille francs ; & c’étoit tout ce qu’elle pouvoitvaloir.
Enfin, Colbert entreprit, en 1664 , de donner le commercedes Indes à la France. Cette liaison avec l’Asie présentoir degrands inconvéniens. Elle ne pouvoit guère procurer que desobjets de luxe ; elle retardoit le progrès des arts qu’on travaiilokà établir si heureusement; elle ne prociuo.t que peu de débouchésaux denrées, aux manufactures nationales ; elle devoir occasionnerune grande exportation de métaux. Des considérations de cetteimportance étoient bien propres à faire balancer un administra-teur dont les travaux nayoientpour but que d'étendre l'industrie,,
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On établit eaFrance unecompagnieponrles Indes. En-couragemensaccordés à cettesociété.