XV.
Les Francisperdent & re-couvrent Pon-ilichery , leurprincipal éta-blissement.
448 HISTOIRE PHILOSOPHIQUEbarras continuels dans Fâchât des marchandises que demandoienfles fantaisies de la métropole , ou qu’exigeoient les besoins descolonies. En faiíant face à ses engagemens, elle eût pu recouvrerla liberté dont elle s’étoit privée. Le gouvernement Mogol, quidesiroit une plus grande concurrence dans fa rade, & qui auroitpréféré les François aux Angîois , à qui la cour avoit vendu leprivilège de ne payer aucun droit d'entrée, Fen pressa souvent.Soit défaut de probité, d’intelligence, ou de moyens, elle n’essaçapas la honte dont elle s’étoit couverte. Toute son attention sebornoit à se fortifier à Pondichery, lorsqu’elle vit ses projets arrêtéspar une guerre sanglante dont Forigine étoit éloignée.
Les barbares du Nord , qui avoient renversé l’empire Romain,maître du monde , établirent une forme de gouvernement qui neleur permit pas de pousser leurs conquêtes, & qui maintint chaqueétat dans ses limites naturelles. La ruine des loix féodales , & leschangemens qui en furent les suites nécessaires , sembloient an-noncer , pour une seconde fois, l’établissement d’une forte demonarchie universelle : mais la puissance Autrichienne, assoibliepar la grandeur même de ses possessions, & par la distance oùelles étoient les unes des autres , ne réussit pas à renverser lesboulevards qui s’élevoient contre elle. Après un siècle de travaux,d’espérances & de revers, elle fut réduite à céder l'on rôle à unenation que ses forces, fa position & son activité rendoient plusredoutable aux libertés de FEurope. Richelieu & Mazarincommencèrent cette révolution par leurs intrigues. Turenne& Condé l’achevèrent par leurs victoires. Colbert l’assermitpar la création des arts, & par tous les genres d'inclustrie. SiLouis XIV , qu’on doit peut-être moins regarder comme le plusgrand monarque de son siècle , que comme celui qui représentasur le trône avec le plus de dignité, eût voulu modérer Fusage desa puissance & le sentiment de sa supériorité, il est difficile deprévoir jusqu’où il auroit poussé sa fortune. Sa vanité nuisit à sonambition. Après avoir plié ses sujets à ses volontés , il voulut yassujettir ses voisins. Son orgueil lui suscita plus d ennemis, queson ascendant & son génie ne pouvoient lui procurer d allies &