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DES DEUX INDES. 335

Les Hollandois, avertis de cette tyrannie , se présentèrentavec des vivres & des marchandises , qu’ils offroient à des con*ditions infiniment plus modérées. On accepta leurs propositions»II se forma dès - lors entre ces républicains & les colons , uneliaison dont il ne fut pas possible de rompre le cours. Cette con-currence ne fut pas seulement fatale à la compagnie dans le Nou-veau-Monde, où elle 1 ’empêchoit de débiter ses cargaisons; ellela poursuivit encore dans tous les marchés de l’Europe , où lesinterlopes donnoient toutes les productions des isles Françoií'esà plus bas prix. Découragés par ces revers mérités , les associéstombèrent dans une inaction entière , qui les privoit de la plusgrande partie de leurs bénéfices , fans diminuer aucune de leurscharges. Dans leur désespoir, ils abandonnèrent, en 1631 , leuroctroi à une nouvelle compagnie, qui elle-même le céda à uneautre en 1642. Inutilement, le ministère sacrifia à la dernièreles droits qu’il s’étoit réservés. Cette saveur ne pouvoit paschanger le mauvais esprit qui jusqu’alors avoit été un principeconstant de calamités. Une nouvelle révolution devint bientôtnécessaire. Pour éviter fa ruine totale , pour ne pas succombersous le poids de ses engagemens , le corps épuisé mit ses posses-sions en vente. Elles furent achetées la plupart par ceux qui lesconduisoient comme gouverneurs.

Boisseret obtint, en 1649, pour 73,000 livres, la Guadeloupe,Marie Galande, les Saints, & tous les effets qui appartenoientà la compagnie dans ces istes : il céda la moitié de son marché àHouel, son beau- frère. Duparquet ne paya, en 1630, que60,000 livres, la Martinique , Sainte-Lucie, la Grenade & lesGrenadins : il revendit sept ans après au comte de Cerillac laGrenade & les Grenadins un tiers de plus que ne lui avoit coûtéson acquisition entière. Malthe acquit, en 1651 , Saint-Christo-phe, Saint-Martin , Saint-Barthelemi, Sainte-Croix & la Tortue,pour 40,000 écus : ils furent payés par le commandeur de Poincyqui gouvernent ces istes. La Religion devoit les posséder commefiefs de la couronne, & n’en pouvoit confier l'administratioM.qti’à des François.