DES DEUX INDES. 337
toutes les possessions de Malthe pour 500,000 livres. Jusque-làsa conduite étoit digne d’éloges : il devoit rejoindre au corps del’état autant de branches de la souveraineté. Mais il ne falloitpas remettre ces importantes possessions fous le joug d’une com-pagnie exclusive, que l’expérience, d’accord avec les principes,proícrivoit également. Le ministère espéra vraisemblablementqu’une société dans laquelle on incorporent celles d’Afrique, deCayenne , de l’Arnérique Septentrionale, & le commerce quicommençoit à se faire sur les côtes de Saint-Domingue, devien-droit une puissance inébranlable, par les grandes combinaisonsqu’elle auroit occasion de faire , & par la facilité de réparerd’un côté les malheurs qu’elle pourroit essuyer d’un autre. Oncrut assurer ses hautes destinées en lui prêtant fans intérêt pourquatre ans, le dixième du montant de ses capitaux, en déchargeantde tous droit les denrées qu’elle porteroit dans ses établissemens,
& en proscrivant autant qu’il seroit possible, la concurrenceHollandoise.
Malgré tant de faveurs, la compagnie n’eut pas un instantd’éclat. Ses sautes se multiplièrent en proportion de l’étenduedes concessions dont on l’avoit accablée. L’insidélité de ses agens-,le désespoir des colons, les déprédations des guerres, d’autrescauses portèrent le plus grand désordre dans ses affaires. Lachiite de cette société paroissoit assurée & prochaine en 1674;lorsque la cour jugea qu’il lui convenoit d’en payer les dettesqui montoient à 3,523,000 liv. & de lui rembourser son capital,qui étoit de 1,287,185 livres. Ces conditions généreuses sirentréunir à la masse de l’état des possessions précieuses qui lui avoientété jusqu alors comme étrangères. Les colonies surent véritable-ment Françoises ; & tous les citoyens, fans distinction, eurent laliberté de s’y sixer, ou d’ouvrir des communications avec elles.
II seroit difficile d’exprimer les transports de joie que cet évé-nement excita dans les isles. Les fers fous lesquels on gémiffoit “î oires recmJ -depuis si long-tems étoient rompus ; & rien ne paroissoit dé- tl^olstades'formais pouvoir ralentir l’activité du travail & de l’industrie. quis’opposcntChaque colon donnoit carrière à son ambition : chacun se flattoit eneor ® à leurSTome III. y v '
IV.
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