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1. Tome premier [A - AKR]
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de chagrin, ni d’aucune autre cauíè de lamême évidence. (N)

ABATTIS ou ABATIS, s. m. LesCarriers appellent ainsi les pierres qu’ilsont abattues dans une carrière , soit labonne pour bâtir, ou celle qui est propreà faire du moiion. Ce mot se dit auísi dela démolition & des décombres d’un bâti-ment. ( P )

On se sert encore Rabattis pour mettredes postes d’infanterie dans les bois & lesvillages à l’abri d’être emportés par l’en-nemi ; dans les circonvallations Sc leslignes on s’en sert pour former la partiede ces ouvrages qui occupe les bois & lesautres lieux qui fournissent cette fortifica-tion. (Q)

Abattis , se dit de la coupe d’un boisou d’une forêt, laquelle fe doit faire sui-vant les ordonnances. Plusieurs obíerventque Y abattis fe faste en décours de lune,parce que , avant ce temps-là, le bois de-viendroit vermoulu. C’est l’opinion la pluscommune, Sc elle n’est peut-être pas pluscertaine que celle de ne semer qu’en pleinelune & de ne greffer qu’en décours.

Abattis , se dit de faction d’un chasseurqui tue beaucoup de gibier ; c’est auísi lenom qu’on donne aux petits chemins queles jeunes loups fe font en allant Sc venantau lieu où ils sont nourris ; & quand lesvieux loups ont tué des bêtes, on dit, lesloups ont fait cette nuit un grand abattis

Abattis. On entend par ce mot la tête,les pattes, les ailerons, le foie, Sc unepartie des entrailles d’une oie, d’un din-don , chapon Sc autre volaille.

Les Cuisiniers font un grand usage desabattis , Sc les sont servir bouillis, à l’étu-vée, en ragoût, en pâté, &c.

* Abattis , lieu où les bouchers tuentleurs bestiaux. Voye^_ Tuerie.

* Abattis , dans les tanneries, chamoi-series, é>c. On appelle cuirs d’abattis , lescuirs encore en poil, Sc tels qu ils viennentde la boucherie.

Abattis , f. m. ( Art Militaire. ) c’estune sorte de retranchement dont l’idée feprésente si naturellement à l’esprit, qu’onpeut assurer que l’usage en a été générale-ment connu & pratiqué par tous les peuplesdu monde. Une infinité d’auteurs anciens Sc

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modernes sont mention de ces sortes defortifications, Sc rapportent des exemplesremarquables du parti avantageux qu’on asu en tirer dans tous les temps.

Lorsqu’on fait la guerre dans un pays debois, Sc qu’il s’agit de barrer un pastagequelconque à la hâte, on se contente d abat-tre les arbres Sc de les entasser les uns furles autres. Mais toutes les fois qu’on a letemps de bien faire un abattis , alors il fautranger les arbres très-près l’un de l’autre letronc en dedans, Sc les assujettir avec desortes lambourdes ; observant que les bran-ches soient bien entrelacées, bien épointéesSc débarrastees des plus petites, afin de voirl’ennemi au travers lans être vu, Sc de pra-tiquer , derriere, une tranchée pour mettrela troupe qui doit le défendre.

Dans cet état un abattis a non feulementtoute la force d’un rang de palissades incli-nées , qu’on ne peut ni couper ni aborder,mais c’est un obstacle bien plus admirable Scinfiniment plus redoutable que les meilleursretranchemens. Le chevalier de Folard, quírecommande fortement l’usage des abattis „remarque que de tous les arbres les saulessont les plus propres à ces sortes d’ouvrages,Sc ceux qui donnent moins de prise à lâhache Sc à la serpe, parce que les branchesde cet arbre ne cedent pas aux coups, &qu’il est impossible de íe couler entre ellesou de les écarter, fe trouvant trop près lesunes des autres.

Il y a, à la guerre, bien des cas où l’onpeut fe servir très-utilement des abattis.Rien n’est plus propre dans la défense d’unerivière pour en rompre les gués ; rien deplus solide pour assurer un poste d’infanterie,pour retrancher un village, un défilé , unevallée, Sc tout autre lieu resserré où l’on està portée d’avoir des arbres.

Ce fut à laide des abattis, que Mercy fèrendit si formidable dans les combats de Fri-bourg en 1644, à Ensheim en 1674. Unpetit bois qui couvroit la gauche des alliés ,Sc dans lequel ils avoient pratiqué quelquesabattis , exigea différentes attaques de lapart des François commandés par Turenne;Sc ce ne fut qu’après des efforts répétés &un combat des plus furieux, qu’ils parvin-rent à la fin à s’en rendre maîtres. Le maré-chal de Villars à Malplaquet fortifia la droite

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