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& la gauche de son champ de bataille, pardes abattis : il fut battu ; mais ce ne fut paspar la foiblesse de ces retranchemens; Il n’ya point de guerre qui ne fournisse quelquesexemples de I’uíage admirable qu’on peutfaire des abattis pour fortifier un camp, 8ctoutes efpeces de lignes.
Outre les différentes occasions qu’on vientde dire, où les abattis font un effet mer-veilleux , il en est encore d autres on ils peu-vent être de la plus grande resiource : tellesfont particulièrement celles-ci. Qu 5 il s’agissede palier une riviere : la meilleure façon defe couvrir & de íè mettre en état de soutenirune attaque lorsqu’on auroit passé , mêmede le faire avec peu de monde, seroit incon-testablement de íe servir d‘abattis ■ s’il nefe trouvoit pas d’arbres à couper au delà dela riviere, on commenceroit par en faireune provision suffi fiante pour les y traîner,& l’on s’en couvriroit, à mesure qu’onarriveroit, iur une ligne courbe que l’ongarniroit d’un feu d’insanterie 8c de canon.Qu’on se trouve enfermé entre deux armées,comme il est arrivé plus d’une fois, & qu’onsoir dans l’attente de quelques secours : ungénéral qui se trouveroit en pareil cas,| &qui n’auroit pu tomber sur une des deuxarmées avant l’arrivée de l’autre, pourroit-51 prendre un meilleur & plus prudent partipour fe tirer d’embarras, que de íe camperdans le poste le plus avantageux qu’il trou-veroit fur ía marche, de choisir un terraineù il y eût, ainsi qu’aux environs, des arbresen quantité, de les faire couper avec autantde foin que de diligence, & d’en formerun abattis autour de son camp , en les fai-sant tramer à force de bras & avec descordes par des soldats, & par les chevauxde l’aitillerie, des vivres, 8c des chariotsd’équipages ? Il est certain que ces deuxmoyens de défense indiqués par le commen-tateur de Polybe ( Tome V. pag.. z 45 , &Tome III. p. ZAA. ) sont infiniment supé-rieurs à tous les autres, d’autant qu’il n’enest pas des abattis comme des retranche-mens ordinaires , qui sont peu capables dcrésister à un grand effort, & í'ur-tout dansles occasions où l’on n’a guere Ie temps deles perfectionner, & quand on a affaire àun ennemi vigoureux qui fait prendre sonparti.. On a vu assez souvent.des corps postés
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dans des bois en avant de l’armée obligerde fe retirer inopinément, quelquefois êtreenveloppés & mis en déroute, ou obligésde mettre bas les armes, qui se seroientépargné de si fâcheux événemens, s’ils s’é-toient retranchés par des abattis, qui eus-sent donné le temps d’aller à leur secours 8cde les soutenir, ou de les dégager & de lessauver. Il ne íâut donc jamais négliger de sisages précautions quand on est à même d’eriuser, & qu’on en a le temps.
Les abattis ne différant des retranche-mens que par leur forme & leur construc-tion , on trouvera à l’article de ees derniers( voye? Retranchement ) les différen-tes dispositions qu’on peut faire tant pourl’attaque que pour la défense de ces fortesde fortifications On fe contentera d’ob-server ici que loríqu’on doit attaquer desabattis , le plutôt c’eft le mieux, parce quetrès-souvent de tek ouvrages peuvent bienplus qu’aucuns autres, être mis prompte-ment , par leur situation 8c leur peu d’éten-due, en état de faire une vigoureuse résil-tance. Il faudroit en pareil cas donner auxgrenadiers des haches bien acérées, descordes avec des griffes de ser attachées aubout pour les jeter fur les arbres, 8c tâcherde les tirer à soi pour s’ouvrir un passage.Outre le canon chargé à cartouche qui doitaccompagner l’infimterie, des boulets raméstirés, contre Yabattis seroient à coup sûr un.très-grand effet. Les grenadiers 8c les pre-miers rangs des colonnes devroient êtrepourvus de grenades pour en accabler l’en-nemi. Mais dans l’attaque comme dans îadéfense des abattis , ainsi que dans beaucoupd’autres occasions, il n’y auroit point d’armeplus néceffàire, ni plus avantageuse que la.pique ( voye\ Pique ). Malheureusementnous en avons quitté l’usage ; mais en atten-dant que nous y revenions (cette prédic-tion est déja commune à bien des gens ) ,on pourroit la suppléer, comme le conseille-le chevalier de Folard, par la baïonnettemise au bout d’un long bâton, qui est unearme. non moins redoutable. ( M. D.L. R.)
ABATTON , fi m. c’est le nom que don-nèrent les Rhodiens à un grand édificequ’ils construisirent pour masquer deux Sta-tues de bronze que la Reine Artemiíe avoir.