Band 
1. Tome premier [A - AKR]
JPEG-Download
 

rz8 A C A

une compagnie de savans Architectes, éta-blie à Paris par M. Colbert, ministre d état,en 1671, fous la direction du iurintendantdes bâtimens.

¥ Paracelfe difoit qu'il n'avoit étudié nià Paris, ni à Rome, ni à Toulouse, nidans aucune Académie : qu'il n'avoir d'au-tre Université que la nature, dans laquelleDieu fait éclater fa sagesse , fa puissance Sefa gloire, d'une maniéré sensible pour ceuxqui l'étudient. Cest à la nature, ajoutoit-il, que je dois ce que je fais, & ce qu il y ade vrai dans mes écrits.

L'Acadèmie de France à Rome, estune école de peinture que le roi Louis XIVy établit en 1666, Sc un des plus beauxétablistemens de ce grand monarque pour lagloire du royaume Se les progrès des beauxarts. Elle est composée d'un directeur Se dedouze pensionnaires, choisis parmi les éleves«qui ont remporté le prix de peinture , desculpture ou d’architecture à Paris. Ellecoûte environ trente-cinq mille livres parannée au roi ; mais elle a été une desplus grandes causes de la perfection deFart en France. Charles le Brun en fut lepremier promoteur ; cet artiste avoir étu-dié à Rome, & y avoir fait ces progrèsqui Féleverent à une si haute réputation,Se le mirent en état de représenter, commeun autre Appelle, les glorieuses actions dece prince , qui, tout jeune encore, par-courut Se íubjugua Funivers. De même queles jeunes Romains qui vouloient embrasserla profession d'orateur, alloient fe formerà Athènes, qu'011 regardoit comme le vé-ritable siégé de Féloquence Se de la philo-sophie ; ainsi le Brun pensa que les jeunesFrançois qui fe destinoient à Fétude desbeaux arts , dévoient aller à Rome , & yEtire un assez long séjour. C'est-là que lesouvrages des Michel-Ange , des Vignole,des Dominiquain , des Raphaël, Se ceuxdes anciens Grecs donnent des leçonsmuettes, bien supérieures à celles que pour-xoient donner nos plus grands maîtres mo-dernes. Cet établiílement si utile Se iilouable, qui a toujours subsisté depuis leBrun jufqu'à nos jours , peut être re-gardé comme une pépinière d'artistes quela France entretient en Italie. Enrichis desplus savantes dépouilles des anciens Sc des

A C A

modernes , ils retournent dans leur patrie,qu'ils embellistent, Se qu'ils mettent à portéede le disputer à Fltalie , par rapport à l'ap-chitecture & à la sculpture.

Il s'est pourtant trouvé, Se il fe trouveencore en France des personnes qui osentfronder cet établisièment, comme moinsnécessaire qu on ne pense , pour ne pasdire inutile ; comme s'ils rougistoient d'êtreobligés de passer les monts pour devenirbons peintres ou bons architectes ; demême que d'autres rougissent de traverserles mers pour devenir bons philosophes.Le feu comte Algarotti, bon juge en cesmatières comme dans plusieurs autres, té-moin des raisons alléguées par ces fron-deurs , pour soutenir une opinion aussi dé-raisonnable , les a réfutées dans un excellentEjsai sur P Académie de France d Rome ,& a de plus propoíe de bons moyens deperfectionner cet établissement glorieux Scavantageux. Ces personnes , dit-il, à quiil ne tient pas qu'on ne voie s’écrouler letemple des arts, laissent fans peine à Fltaliel'avantage Se la gloire, qu'on ne peut luicontester, d'être la plus riche minière deces modelés antiques qui peuvent servirde guide aux modernes , & les éclairerdans la recherche du beau idéal ; d’avoirfait renaître dans le monde les arts quiétoient perdus ; d'avoir produit des artistesexcellons en tout genre ; enfin d'avoirdonné des leçons aux autres peuples à quijadis elle donna des loix. Mais d ailleursces François prévenus soutiennent har-diment que la France a chez elle des sujetscapables de former de bons -éleves, Sc debien conduire leurs talens ; que depuis long-temps les arts y ont jeté de profondes raci-nes ; que ces maîtres ne le cedent point à ceuxa’Italie ; que dans un íiecle aussi philofo-’ phique que celui où nous vivOns , on doitrenverser les vieilles idoles de la préven-tion Se de Fautorité ; qu'on n'a que troprendu d'hommages au nom plutôt qu’aumérite des étrangers ; que Jouvenet Sc leSueur, fans avoir fait le voyage d'Italie,n'ont pas laistè d'exceller dans la peinture,le dernier fur-tout, qui, rival de le Brun,a mérité le titre de Raphaël de la France.Ils ajoutent qu'ils ont dans leur patrie ungrand nombre de tableaux des meilleurs