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1. Tome premier [A - AKR]
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maîtres d 5 Italie, 8c assez de statues anti-ques , pour que les jeunes éleves puistentse former, fans avoir besoin de s’expatrier,8c d abandonner pour quelques années unpays où toutes les nations viennent cher-cher le bon goût, 8c apprendre la poli-tesse.

Il n’est pas difficile au comte Algarottide faire voir combien ces allégations fontpeu sondées , soit en elles-mêmes , soitdans les conséquences qif on en tire. I/exem-ple de deux maîtres ( car enfin sécole Fran-çoise n’en peut pas citer davantage ) qui,sans passer les Alpes, ont réuffi dans leurart , peut-il disiuader les jeunes éleves deFrance de quitter Paris, Sc de voir Rome& Pltalie ? Doivent-ils imiter ces deux ar-tistes , plutôt que de suivre le conseil detant d'habiles maîtres de la même école,qui leur recommandent d'aller à Rome, oùils ont eux-mêmes puisé leurs plus précieusesconnoissances, 8c toute la nneste de leurart ; L’exemple de Jouvenet 8c de le Sueurci-t-il assez de force pour l’emporter fur Pau-torité de Bourdon, de Mignard, de le Brun,de la Fage, de le Moine, 8c d J une infi-nité d’autres, principalement du Poussin,qui dit un jour ouvertement, qusil retour-nent à Rome pour tâcher d’y réparer letort que le séjour de France avoir tait àson talent. Jouvenet, estimable par sa faci-lité , est pourtant un peintre maniéré ; &l'éleve qui s'attacheroit à Pétudier, risque-roit de s'éloigner de limitation de la na-ture & du vrai. Ses compositions seroientplus libres, sil étoit sorti de France : sonexemple prouve donc directement le con-traire de ce qu’on veut lui faire prouver.Il en est de même de celui de le Sueur ;s’il ne vint point en Italie , il prit Ra-phaël pour modele ; 8c si avec le petitnombre de tableaux que les François ontde ce grand homme, & des estampes gra-vées diaprés ses ouvrages , il parvint àcette habileté qui fit de lui l’honneur dela Peinture & la gloire du pays qui Pa vunaître , que iFeut-ií pas fait ssil eût vu lesouvrages immortels qu on admire au Vati-can ? D ailleurs Pexemple d’un génie rare8c heureux, à qui la nature prodigue aaccordé ce qu J elle vend aux autres , &qu’ils ssacquierent qu J à force d'étude 8c de

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travail, ne doit pas tirer à conséquence,ni servir de réglé aux esprits ordinaires.Parce que le Correge , fans avoir jamaisvu de statues Grecques, réussit à donnerdes grâces inexprimables à ses airs de tête,voudra-t-on en conclure que ce soit perdreson temps que d'étudier diaprés Pantique ìssavifa-t-on jamais de dire quîiì est inu-tile dhxpliquer les élémens d'Euclide à lajeunesse qui veut apprendre la Géométrie,parce que Pascal, encore très-jeune , trouvapar lui-même, & fans le secours déiucunmaître , la démonstration de plusieurs théo-rèmes ;

L'Italie est pour les artistes une véritableterre classique, comme Pappelle un Anglois.Tout y invite Pœil du peintre, tout Pins-truit, tout réveille son attention. Sans par-ler des statues modernes, combien la su-perbe Rome ìFen renferme- t-elle pas, dansson enceinte , de ces antiques, qui, parPexacte proportion & Inélégante variété deleurs formes , servirent de. modelés auxartistes des derniers temps, & doivent enservir à ceux de tous les siécles ! Quoi-qu J il y ait en France de très-belles statues,comme le Cincinnatus, & quelques autres,on peut pourtant avancer , fans crainte dese méprendre, qssil rfy en a point de lapremiere classe , ou de celles que les Ita-liens nomment préceptives , 8c qu J on puistemettre en parallèle avec 1 J Apollon, PAnti-noiis, le Laocoon, PHercule , le Gladia-teur, le Faune, la Vénus, •& tant dVutresqui décorent le Belveder , le palais Far-nese, la vigne Borghese, 8c la galerie deFlorence. La íeule galerie Justiniani est peut-être plus riche en statues antiques que toutle royaume de France. Il est vrai qtPà pro-portion des statues, il y a en France unbeaucoup plus grand nombre de tableauxdes plus habiles maîtres Italiens, où Ponpeut apprendre les dissérens caractères 8cles diverses modifications de la Peinture.Mais où íont-ils placés : Dans les palaisde Versailles & du Luxembourg, dans lagalerie du duc d’Orléans , chez les héri-tiers de M. Crozat, 8c chez quelques autresamateurs distingués. En Italie, chaque égliseest , pour ainsi dire , une galerie pies mo-nastères , les palais publics 8c particuliersfont enrichis de tableaux, il n est pas jus-